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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 16:05

Premier atelier (14 mai)

Je bourlingue à travers le lait tendre des lumières. Chemin de Canteloup, trou noir et perte d’équilibre, chute et bris divers, la terre, meuble et ocre, presque le goût du sang, s’invite à mes basques. Une halte. Les fibres du vieux banc de bois, rugueuses sous la fine peau de mes doigts, me réveillent. Du haut de la colline, au coucher de soleil, un peu de verdure comme un poumon que la gangrène urbaine gagne inexorablement et que j’ai du mal à quitter.

Je suis dans mon rêve, où mes pas me mènent, il existe ici, près des écluses un bas quartier de bohémiens où la belle jeunesse s’use à démêler le tien du mien. Mes pas me portent place Saint-Barthélémy, des effluves irradiants me tirent par le bout du nez. Puis m’éveillent les bruits de marelle de l’école maternelle où les arbres ont dépassé de beaucoup la tailles des enfants qui les ont plantés, il y a fort longtemps. Mais aujourd’hui, c’est maintenant !

 


 

Deuxième atelier (4 juin)

Thème : le passage (avec, pour contrainte, un passage obligé - dialogue tiré du Grand Passage de Cormac McCarthy :

Pourquoi t’es venu ici ?

Je ne suis pas venu ici. Je ne fais que passer.

L’homme tira sur sa cigarette. Moi aussi, dit-il. C’est pareil pour moi. )


Texte et photos de Corinne :

Voilà, ma journée est finie. Je file à La Cadène, retrouver Alice, ma chérie qui y loue une chambre d’étudiant. Il y a un étage pour les filles et un pour les hommes, je dois donc m’y faufiler en toute discrétion. Ah ! L’amour, ça me donne des ailes. Je tourne  au carrefour qui relie la voie rapide, la route de Baziège et le centre du village de Labège. Je quitte le trafic routier et son environnement sonore  et  me dirige par l’Occitane vers le lycée  où la verdure est déjà annonciatrice de bien-être. Je laisse ma voiture le long du self, afin de ne pas me faire remarquer. Je suis léger comme une plume. Je réfrène mon envie de chanter. Mince, un gars est là dans le soir tombant.  Il est trop tard pour faire demi-tour.  Il m’interpelle.

-         Pourquoi t’es venu ici ?

-         Je ne suis pas venu ici. Je ne fais que passer.

 L’homme tira sur sa cigarette. – Moi aussi, dit-il, c’est pareil pour moi.

-         C’est faux tu loges ici. Moi, je ne fais que passer !

-         Passer où ? La route s’arrête ici ! On peut y venir puis en partir, mais ce n’est pas un passage.

-         Mais tout est passage, la vie est un passage. Cette entrée est un passage.

-         Tu fais  psycho , ou quoi ?

-         Dis donc, tu commences à me plaire…

               Un silence assourdissant se jeta entre nous. Je fis quelques pas sans trop m’éloigner du bâtiment car la nuit était tombée et la présence de cet homme devenait  pesante. D e temps en temps, furtivement je l’observais. Très carré, la trentaine, il fumait rageusement en tenant  sa cigarette le poing fermé. Il faisait frais et l’homme ne semblait pas vouloir bouger.  Le règlement est strict, si on me voit entrer  dans la chambre d’Alice, elle peut  être renvoyée.

            Deux jeunes s’approchèrent, regardèrent  l’homme avec insistance puis passèrent leur chemin. Une voiture lentement  se gara face à l’homme, fit des appels de phares mais mon voisin resta immobile adossé au mur. Visiblement, j’étais de trop. N’aimant pas les problèmes, je m’éloignais.

-         Salut, lançais-je.

-         Salut, bougonna t-il en éjectant son mégot à terre.

               L’idée me vient d’un autre passage à l’opposé. J’entreprends donc de faire le tour du bâtiment en forme de U en le contournant. Je marche dans la nuit, un train de marchandises fracassa le calme.  Je n’y vois rien et me guide entre le mur en crépi et la butte herbeuse qui longue la voie ferrée. Demain c’est la fête des mères, j’irai voir maman. Les herbes sont hautes et humides. J’imagine Alice se brossant les cheveux comme chaque soir puis se les tressant  telle une indienne. Je vais évidement  louper ce moment magique, si plein de sensualité et de douceur.  J’accélère la cadence, j’aimerai pouvoir chanter, mais il me faut rester discret.  Voilà le deuxième angle dépassé et j’aperçois la forme sombre de la serre.  Le prochain angle est légèrement éclairé par la cour. Je pense alors que j’ai oublié mon sac dans la voiture. Tant pis. Ce soir Rolland Garros est sur la 2 et Alice n’a pas la télé.  Je m’étonne moi-même de choisir de ne pas voir les matchs et préférer vivre ce gymkhana pour les beaux yeux d’Alice. Encore dans la pénombre, je sors mon portable et joins Alice.  C’est le répondeur…

-         Allo, ma déesse, j’arrive. Dernière longueur, je touche au but. Je longue la façade, tous les volets sont fermés. Personne ne  se trouve près de la porte mais des voix et des cris me parviennent.    

                    Je cours mais juste devant la porte, mon téléphone sonne et sa mélodie stridente me semble une trahison dans ma stratégie de passer inaperçu.  Une bande d’excités sortent de je ne sais où et en moins de temps qu’il ne le faut pour le dire, l’homme à la cigarette m’alpage violement  en vociférant. Un autre, au nez cassé attrape mon portable et le fracasse à terre. Je reçois des coups.  Je ne perçois plus les visages mais le bas de jeans et de  volumineuses Caterpillar qui s’enfoncent dans mes côtes. Quelques volets s’ouvrent et j’en profite pour m’échapper.  Je repars en direction de la serre, la dépasse, grimpe le monticule herbeux et commence à courir le long de la voie.  Je pense que la bande a abandonnée lorsque j’aperçois l’un deux  à une dizaine de mètres. Puis un second. Et puis les deux autres. Je voudrai m’expliquer mais mon instinct me dit de filer. Je redescends en direction du village à travers champs, passe le rond-point puis emprunte en courant le chemin du collège Périgord. Je fais une halte, haletant près du Tricou mais la bande est toujours à mes trousses et me pousse à déguerpir. Si je trouve une maison ouverte, j’y  demanderai asile. La rue du Bardou, me fit penser à mon grand-père qui aimait me donner l’origine des noms.  Je traverse la place et pénètre dans les jardins de la maison Salvan qui est jonché de fenêtres. Je n’ai pas le temps d’y réfléchir. J’aurai préféré des portes, des portes ouvertes sur une aide.  Je me faufile dans l’impasse du Moulin à Pastel, si vivante avec au plein milieu un escabeau et plus loin un jouet d’enfant. Mais où est ce petit et où est ce bricoleur ?  Ma respiration est si forte que je redoute qu’elle ne me fasse repérer. Je passe une manche sur mes yeux pour éponger la sueur qui me trouble la vue. Enfin, j’essaye d’écouter les indices sonores de mes poursuivants. Je n’entends que mon cœur qui bat et au loin une famille qui joyeusement dessert la table. J’envie leur insouciance. Au 13 de la rue de l’Ancien Château, je trébuche devant la maison aux volets bleus, fais une pause au 17 au pied d’un portique aux deux boules blanches puis au 19 à l’angle de la rue d’Occitanie, mes pieds s’enfoncent dans l’asphalte fraichement étalée.  Je file à travers les logements HLM, m’engouffre dans le souterrain et me traine jusqu’au centre commercial, désert à cette heure ci. Miracle un bus s’arrête, et je m’y engouffre.  Le chauffeur doit me demander si tout va bien ; et lorsqu’il tourne route de Labège,  j’aperçois au loin l’homme et sa bande. Que me voulaient-ils ? Que faisaient-ils ?

                    Je me dirige vers Toulouse.

Et mon esprit se vide. Tant d’idées se sont imposées en plein action suivant le tempo de mon activité physique.  Avachi sur la banquette, me laissant balloter, mon rythme cardiaque en pleine accalmie, une seule pensée me vint ; en fait, c’est ce soir que je souhaiterai la fête des mères.



  Troisième atelier (11uin)

Thème :  Une légende à l'aune de la prolifération du mot

   

Labège a été ainsi nommée au Moyen Âge par contraste avec Toulouse, sa voisine, déjà ville de briques roses. La Beige semblait très beige grâce à ses sols argileux et ses maisons de pierres et de charpi mi paille, mi argile, disséminées au coeur des champs blonds de blé.

Au XVI ème siècle, les proverbes:
"les grands boeufs ne font pas les grands labours"
et
"Il n'y a point de plus sage abbé que celui qui a été moine"
sont nés à La Beige.
Alors qu'à la même époque Louise Labé affirmait:
"Quelque rigueur qui loge en notre coeur. Amour de La Beige s'en peut un jour rendre vainqueur."
Puis le 25 juillet 1794, les dernières paroles d'André Chénier au pied de l'échaffaud, place St Barthélémy (un comble) ne furent -elles pas:
" Pourtant j'avais quelque chose là."
Au XXème siècle Sylvie Germain lançait:
"Il n'y avait que des là-bas, insituables autant qu'infranchissables et des demains à Labège béants de peur."

Il faut savoir que Labège vient de
Labeige, La beige. La ville beige.
Beige, bis, sable
Beigeasse
Beigeâtre
Beigne- giffle, beignet
bejaune- blanc-bec, niais
Bêler
Bégueter
Label-marque, étiquette
Labeur- besogne, activité
Labour- culture
Labourable...



Texte du cinquième atelier :
 dialogue en tranches

  • - A Labège ? Pas possible !
  • - Oui, je te dis que c’est un arrêté préfectoral qui interdit toutes sorties des Labègeois : l’évadé de Muret rôde dans les proches alentours.
  • - Attends, je vais fermer mes fenêtres…
  • -… Moi aussi.
  • - Allo, tu es là ?
  • - Oui, j’ai même fermé les volets du rez-de-chaussée.
  • - Tu as lu ça où ?
  • - Ça vient de passer au journal  télévisé et les voitures de police circulent avec des mégaphones pour nous intimer l’ordre de ne pas sortir. J’espère qu’à 17h, ils l’auront trouvé.
  • - Moi aussi, sinon, on fera comment pour aller chercher les gosses ?
  • - Il parait qu’il est passé par la voie ferrée.
  • - Comment ce fait-il qu’un homme puisse arriver à perturber ainsi toute une région ?
  • - Est-il dangereux ?
  • - S’ils déploient tant de force de police, ça ne doit pas être un tendre.
  • - Violeur, assassin, braqueur…
  • - Terroriste ?
  • - Qui sait ?
  • - Déjà avec l’histoire du cerf-volant, Labège avait déjà fait les gros titres…
  • - Le fils de la maîtresse de CP.
  • - Laisser son gosse jouer au cerf-volant près des lignes à haute tension, c’est vraiment irresponsable.
  • - T’imagine la tête des gens  quand ils ont vu ce cerf-volant en feu s’abattre sur leur péniche…
  • - … et commencer à l’enflammer.
  • - Quand on ne surveille pas ses enfants…
  • - Puisque je suis coincée là, je vais en profiter pour faire de la couture.
  • - Du reprisage ?
  • - Mais, tu ne sais pas que mon fils ainé se marie le 20 juillet prochain ?
  • - Celui de ton 1er mariage ?
  • - Oui,  enfin, Je n’y croyais plus après toutes ces années,  militaire célibataire. …
  • - Et  la lettre du corbeau, tu en as des nouvelles ?
  • - Tu penses, c’est  Colette l’employée de mairie qui me tient au courant. Dans sa dernière lettre, il menace de braquer l’agence postale.
  • - Dans celle d’avant il voulait mettre le feu à la maison Salvan pour réaliser une « sublime » œuvre d’art !
  • - Des détraqués de partout, je te dis !
  • - Il faut penser à autre chose. Autrement, quoi de neuf ?
  • - Je suis entrain de faire des bocaux de tomates.
  • - Cette année, des tomates, on en a eu à ne pas savoir qu’en faire.
  • - N’empêche qu’avec le clocher à terre à cause de la tempête, nos impôts locaux vont en prendre un coup !
  • - Que veux-tu c’est la vie.
  • - Mon Dieu, on frappe à la porte !
  • - N’ouvre pas !
  • - Je te laisse…
  • - Ne raccroche pas !
    - On force ma porte. Au secours !

    Sixième atelier  :
    microfiction au conditionnel

    A sa descente du train, elle ne pensait pas être accueillie de la sorte : son mari furieux, deux claques, des valises balancées, ses clefs arrachées, des insultes ; puis elle, sur le quai, hagarde, bousculée par des voyageurs indifférents au drame, qui chancelait. Elle aurait pu pleurer, se révolter, demander de l’aide, mais la lassitude la tétanisait.

     

    Elle chercherait un hôtel pour se poser mais elle s’engouffra dans le premier petit restaurant venu. Au comptoir, un homme aux lunettes carrées, adossé à un mur de faïence craquelée, jouait machinalement avec sa petite cuillère. Plus loin, des rangées de tables recouvertes de papier gaufré furent traversées par une serveuse du genre déluré, arborant un tee-shirt moulant branché décoré de l’image d’un boxeur avec un casque de cuir, ne cadrant pas avec le lieu. Une vielle femme seule devant son assiette vide improvisait un dialogue en tête à tête avec un homme imaginaire. Elle semblait régler ses comptes mais n’oubliait pas de un nouveau carafon de vin lorsque le sein était vide. L’endroit semblait figé dans le temps.

    Sa tête résonnait encore des paroles de son mari. Elle trouverait une place au fond de la salle. Sur la nappe en papier, elle se surprit à dessiner tel un pantin. Ses paupières étaient lourdes, prêtes au doux sommeil. Elle n’avait jamais connu pareil querelle, ni tant de haine pour la mettre dehors. Ses parents habitaient en rase campagne, elle ne pourrait pas s’y rendre avant le lever du jour. Elle devra se débrouiller pour la nuit. Son horizon lui paraissait bouché lorsqu’elle s’évanouit. Dans un semi coma, elle percevait des éclats de voix mais voyait la tête de son mari, les yeux révulsés et le visage contracté par la rage, s’approcher menaçant. Elle se réveillerait dans un cri. Le patron se pencherait sur elle et lui demanderait : Ça ne va pas ma petite dame ? Ici, il n’y a rien à craindre. Je vais bientôt fermer, mais je ne vous mets pas dehors. Je ne veux rien savoir, mais je vois bien que ça ne tourne pas rond. Prenez mon restau comme refuge, il y a un vieil édredon dans le débarras poussiéreux derrière la cuisine. Avec ma fille nous dormons à l’étage. Vous serez tranquille.

    Elle aurait pu remercier.

    Elle aurait dû s’excuser du dérangement provoqué.

     Allez, demain, ça ira mieux devant une bonne tasse de café !


    Texte du septième atelier :

    Le parti pris des choses

          Il me faut du recul alors j’avance… ramasser cette branche. Ce bois noueux, « vieille branche », bannie à tout jamais de branchitude, jusque là esthétique et génératrice, elle se retrouve à terre dédaignée de tous. Tas de bois, peuplier tu fus et tu ne seras ni flèche, ni fuseau, au mieux pâte à bois. L’homme scie la branche de sa propre essence. Ce peuplier était-il un tremble aux yeux et bourgeons de vertus diurétiques, antiseptiques, toniques et astringentes ; et au charbon de bois soulageant l’aérophagie et les fermentations intestinales. Le sais-tu, toi qui l’as abattu ?  Le peuplier fut souvent planté à la place du chêne comme arbre de la liberté, grande valeur de notre république.                                                          En Andalousie, on dit que c’est le plus ancien des arbres. Son nom latin est populus, il porte en lui les germes du peuple à défaut d’en porter les espérances, alors qu’il n’est ni populiste, ni populeux.                       A Rome, il tire son nom du lieu où il était planté : les lieux publics, là où vaquait la population.           En Grèce, les  Héliades, filles d’Hélios le soleil, furent transformées en peupliers et à Rome, il est l’arbre d’Hercule car il revint de son voyage des Enfers en portant sur la tête une couronne de peuplier et c’est de sa flèche que naquît le symbole du passage d’un monde à l’autre, d’où son rôle funéraire.                                                                                                                                                            Dans notre monde axé sur la gestion durable, il aurait pu vivre 400 ans. En décapitant ce géant, porteur de nids et de vie, on a touché au divin et au peuple, à la médecine et au vivant. On a porté atteinte à l’humain. Hier un tout, aujourd’hui, un tas de rien. Et demain ? jouet, cagette, charpente ou cahier mais ni âme de violon, ni didgeridoo et ni meuble précieux.
    « Où vont nicher, les habitants de mes branches ? J’ai aimé la dame qui, l’air peiné de ma disparition, s’est baissé pour ramasser une petite partie de mon être, moi qui n’est plus.                                         S’il vous plait, prévenez ma famille : les salicacées. Mes feuilles à pétioles et mes inflorescences mâles à l’apparence de chenilles ne flotteront plus dans le vent et  je ne protègerais plus l’humain du soleil et de la pluie. Nous qui étions avant les hommes, nous ne leurs survivrons pas. C’est ce qu’on appelle la civilisation ! » 

    Il me faut du recul alors j’avance… ramasser cette branche. Ce bois noueux, « vieille branche », bannie à tout jamais de branchitude, jusque là esthétique et génératrice, elle se retrouve à terre dédaignée de tous. Tas de bois, peuplier tu fus et tu ne seras ni flèche, ni fuseau, au mieux pâte à bois. L’homme scie la branche de sa propre essence. Ce peuplier était-il un tremble aux yeux et bourgeons de vertus diurétiques, antiseptiques, toniques et astringentes ; et au charbon de bois soulageant l’aérophagie et les fermentations intestinales. Le sais-tu, toi qui l’as abattu ?  Le peuplier fut souvent planté à la place du chêne comme arbre de la liberté, grande valeur de notre république.                                                          En Andalousie, on dit que c’est le plus ancien des arbres. Son nom latin est populus, il porte en lui les germes du peuple à défaut d’en porter les espérances, alors qu’il n’est ni populiste, ni populeux.                       A Rome, il tire son nom du lieu où il était planté : les lieux publics, là où vaquait la population.           En Grèce, les  Héliades, filles d’Hélios le soleil, furent transformées en peupliers et à Rome, il est l’arbre d’Hercule car il revint de son voyage des Enfers en portant sur la tête une couronne de peuplier et c’est de sa flèche que naquît le symbole du passage d’un monde à l’autre, d’où son rôle funéraire.                                                                                                                                                            Dans notre monde axé sur la gestion durable, il aurait pu vivre 400 ans. En décapitant ce géant, porteur de nids et de vie, on a touché au divin et au peuple, à la médecine et au vivant. On a porté atteinte à l’humain. Hier un tout, aujourd’hui, un tas de rien. Et demain ? jouet, cagette, charpente ou cahier mais ni âme de violon, ni didgeridoo et ni meuble précieux.
    « Où vont nicher, les habitants de mes branches ? J’ai aimé la dame qui, l’air peiné de ma disparition, s’est baissé pour ramasser une petite partie de mon être, moi qui n’est plus.                                         S’il vous plait, prévenez ma famille : les salicacées. Mes feuilles à pétioles et mes inflorescences mâles à l’apparence de chenilles ne flotteront plus dans le vent et  je ne protègerais plus l’humain du soleil et de la pluie. Nous qui étions avant les hommes, nous ne leurs survivrons pas. C’est ce qu’on appelle la civilisation ! » 

 

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Published by atelier d'écriture Labège - dans Corinne B.
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