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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 11:01

Texte du premier atelier :  LOTO PORTRAIT

Moto portrait
 
Moi, un bouleau blanc jouant dans le vent grandit dans une forêt vierge
Moi, que les bras longs enlacent la vie avec délicatesse
Moi, aux doigts des épines longues et fines du pin, qui lui écoute la brise d’une mer proche
Moi, une plante bien garnie, qui grandi, s’épluche et fleuri
Moi, au visage d’un paysage changeant
Moi, qui cache mes yeux troubles dans une cascade sauvage de mes cheveux doubles
Moi, avec ma bouche bouleversante de vérité large sans preuve possible
Moi, à l’oreille couchée sur l’épaule d’une vague, écoutant la lune
Moi, et mon nez curieux qui cherche à être compris
Moi, au crane, à la tête si parfaire, qui déborde de neurones, comme des feuilles mortes d’automne, en attendant de tomber en poussière, laissant la place au blanc de l’hiver et aux germes jeunes et nouvelles du printemps
Moi, aux pensées aussi noires que ma terre natale et aussi claires que les eaux des mers lointaines des iles exotiques
Moi, au cou de signe, gracieux, élégant, qui se laisse importer par le courant, regardant les passants
Moi, le dos courbé parfois comme une montagne ; de pierre, de pensée, de vie et d’ailes
Moi, le dos sensuel souvent comme une grâce céleste
Moi, aux seins, oh seins ! d’un idéal de beauté devenues une signe de ma preuve maternelle, éternelle douceur, sécurité, une ile reposante
Moi, au ventre comme une citrouille grande, lice et riche de graines qui attendent de germer
Moi, aux fesses de Venus
Moi, aux fesses si douces et blanches comme une plume d’un oiseau libre
Moi, avec mon sexe sensible qui me parle comme un baromètre de mon bien-être sans mentir ni s’endormir
Moi, avec mes jambes longues qui parcourent la planète plusieurs fois par jour et qui vont dans d’autres dimensions et rêves, elles m’amènent quand je veux ou je veux
Moi, aux jambes fideles à mes envies et mes caprices multiples
Moi, aux pieds grands et larges qui tiennent partout l’équilibre presque parfait, même si la surface change et bouge, qu’elle soit dure ou liquide, stable ou fluide
Moi, au mouvement long et fondant comme le chocolat noir et amer oublié au soleil
Moi, avec ma peau de soie tissée en Asie, par les mains soigneuses, avec une attention pure comme un ruisseau du printemps descendant la montagne haute
 
Moi, Olga, aux origines multiples et vastes, tressées des non dits
Issu d’une planète lointaine et froide d’où vient mon caractère étrange et rebelle
Mais aussi si tendre, affectueux comme un chat qui ronronne sur l’herbe
Je vis toujours dans l’espoir d’un Avenir vert d’Amour doux
Dans mon être profond reposé sur un nuage blanc
La situation si libre comme une colombe dans un ciel bleu
Ma mort couronne ma vie et
Elle est une fin pour un nouveau départ
Dans ma quête constante d’un monde sans peur ni froid
Comme le soleil grand et brillant qui chauffe la bulle bleu
Flottante dans un vaste espace infinie garnie des étoiles aussi éternelle que mon âme
 
Moi, Olga, j’ai la source tout proche en moi, l’oubliant parfois
En croyant au froid raide, plutôt qu’à la chaleur souple
Quel intérêt ?
Je me demande et je me reprends.
J’allume le chauffage et la lumière, mon cœur se réchauffe
Le soleil sort et les oiseaux chantent les bourgeons s’ouvrent et le monde fleuri en souriant
Je vis dans un monde ou la joie s’éclipse par un simple bouton, elle s’allume aussi vite, elle joue elle s’amuse, elle se cache parfois
Je crée ce monde et je suis ce monde
Je suis moi, Olga, mon Avenir, ma vie, mon quotidien, ma vérité,
Ma joie, mon Amour et mes espérances
Ma mort et ma renaissance.


Deuxième atelier : je me souviens du cadavre exquis

Phase 1 : phrases produites en commun

Je me souviens que j’étais encore enfant lorsque la peine de mort a été abolie en France.
Au jardin des délices l’instant se fige.
Que les forets tropicales sont un trésor menacé par l’appétit de l’homme.
D’être obligé de jouer un petit morceau de piano à chaque réunion de famille.
Je me souviens d’avoir été accompagné par la guitare de mon oncle Jo.
Je me croyais au FAR. West, ma chambre devenait un ranch et mon chien un coyote.
Je me souviens du Word Trade center.
Ce king-kong sur le parking du supermarché, j’avais 6 ans et je crois que j’en ai pleuré de peur bleue.

Phase 2

Tous les souvenirs disparaîtront.
 
mon enfance vécu au paradis d’insouciance,
une maison verte en bois avec les volets bleus
mon arbre qui m’écoute lorsque je lis et qui me protège
du soleil trop chaud à midi, de la pluie et des regards des autres
je suis chez moi
ma scolarité, de laquelle je fais si peu usage à part les souvenirs de la recréation et des visages
mes amis Lena, Natasha, Sweta, Kolja, Sergei, Igor
des études… pour devenir qui ?
 
la peur, l’angoisse et la trouille
de partir d’arriver et de recommencer
l’air nouveau et libre d’un pays - étranger ou le mien ?
le mariage premier, maison, voiture
je suis chez moi
je retrouve des marques, un parc et un arbre, je me sens protégée et entourée
mes amis Elena, Sascha, Georg
des études… pour devenir qui ?
 
la peur, l’angoisse et la trouille
de devenir maman, d’accompagner,
d’aimer et dire « ich liebe dich »
mon premier garçon, beau, doux et bien vivant
je suis chez moi
il est dans mes bras et je grandit avec lui, j’apprends et je suis fière de lui, de moi,
mes amis Nelly, Jork, Martina, Dirk
des études… pour devenir qui ?
 
la peur, l’angoisse et la trouille
de faire le choix et encore une fois
partir, arriver et recommencer
encore une langue et une culture, une richesse et une ouverture
je suis chez moi
je prends du temps avant mon envol, mais elles sont toujours là
mes amies Christine, Ida, Tereza, Lenotchka
des études… pour devenir qui ?
 
la peur, l’angoisse et la trouille
de faire le choix et pour la première fois - le divorce...
un nouveau pas, un départ, une liberté
encore une expérience, chance
je suis chez moi
c’est facile et je m’amuse, je découvre la vie
mes amis Alecia, Corine
des études… pour devenir qui ?
 
la peur, l’angoisse et la trouille
le mariage deuxième, maison, voiture
un grand jardin et les fleurs de toutes les couleurs
mais la peur de recommencer et de me tromper
je suis chez moi
je suis pleine d’espoir et je construis
mes amies Annette, Frauke, Isabelle
des études… pour devenir qui ?
 
la peur, l’angoisse et la trouille
je quitte encore une fois, je me sens si bas
je doute de moi, je n’ai pas « chez moi »
je vis la solitude, je me sens perdue, mais je me redresse, je réapprends la confiance
je suis chez moi
je prends du temps avant mon envol, et, elles sont toujours là
mes amies Marie, Rimma
des études… pour devenir qui ?
 
la peur, l’angoisse et la trouille
jamais deux sans trois
une rencontre, une alliance, un mariage sous la lune
amour et explosion, doute et certitude
je suis chez moi
je ne me pose pas de questions, j’ai envie de vivre
mes amis Delphine, Véronique, Eric, Thierry
des études… pour devenir qui ?
 
la peur, l’angoisse et la trouille
de devenir maman encore une fois, d’accompagner,
d’aimer et dire cette fois « ja tebja ljublju »
je suis si loin et si proche, je revisite mon passé
je suis chez moi
j’ai envie d’être loin parfois, mais je suis là, je reste
mes amis Cristian, Gérard, Christine, Guy, Adeline
des études… pour devenir qui ?
celle qui(e) je suis !?
 
Mais aujourd’hui,
je n’ai plus envie de peur – j’aime
je n’ai plus envie d’apprendre – j’enseigne
je n’ai plus envie de lire – j’écris
je n’ai plus envie de voir personne – je médite
mes enfants - toujours là
Je suis chez moi.
Celle qui(e)  je suis !

 

Troisième atelier : J'ai vingt ans sur la photo
 
J’ai 20 ans sur la photo
Je la prends
Je la garde
Elle me plait
Elle retient un instant
Bonheur, fierté et grande beauté
 
J’ai 20 ans sur la photo
Elle brille et scintille
Elle a presque 20 ans aujourd’hui
Contrairement à moi
Je la trouve bien conservée
Elle brille et scintille
 
J’ai 20 ans sur la photo
Ses couleurs éclatantes
Montrent une fraicheur élégante
Sa taille modeste témoigne
Une beauté terrestre
Arbre, buisson, le bleu céleste
 
J’ai 20 ans sur la photo
Je souris, je pose
Je m’expose
Je me trouve craquante
Belle, grande, ravissante
 
J’ai 20 ans sur la photo
L’été, je viens de sortir de l’eau
D’un grand lac
Entouré d’un immense parc
Je m’appuie contre un arbre
Belle, grande, ravissante
 
J’ai 20 ans sur la photo
Dans mon maillot(bikini) tout rose
Je ne me cache plus
Ma première année de « Liberté »
C’est nouveau, c’est reposant
S’accepter, se découvrir, se montrer
 
J’ai 20 ans sur la photo
Je suis accompagnée d’un groupe, il me regarde
Amis: Oleg, Elena, Helga, Georg,
Walter, Tamara, Alexandre, Sacha
Nous avons préparé un piquenique
Nous fêtons le printemps et un anniversaire
 
J’ai 20 ans sur la photo
Si je la regarde
Je vois une star
Une photo comme une autre
Dans un magazine féminin
Et au même temps elle est si vivante
 
J’ai 20 ans sur la photo
Si je la regarde, je ressens de l’émotion
Je viens d’arriver en Allemagne
J’ouvre une nouvelle page de vie
Un passage nouveau, excitant
Riche, marquant, exaltant
 
J’ai 20 ans sur la photo
Si j’ouvre les journaux
Chaque page crie, chuchote
Des histoires du nouveaux pays
Les briques du mur  sont autrement utilisées
Elles sont exposées aux musées
 
J’ai 20 ans sur la photo
Je suis photographiée par
Mon futur premier mari
Le futur père de mon premier enfant
Mais tout cela
Je ne connais pas. Je suis là…

 

Quatrième et cinquième ateliers : Ma vie de bébé 

 
Mon voyage sur terre, mon passage, mon instant…
Je suis là. Je suis au paradis. Je vis au paradis. C’est chez moi. Mais ou ? Au paradis. Je regarde. Je regarde le monde. De temps en temps. Il me parait si loin et surtout incompréhensible. Il m’intrigue. J’aime savoir, comprendre.
Je me renseigne auprès des autres s’il vaut la peine d’y passer. Il en a qui dise « oui » et d’autres « non ». Je ne sais pas trop quoi faire et à qui croire. Apres tout je me dis qu’ici j’ai déjà fait le tout et je connais tout. Le paradis, ma routine !?
Un jour je me décide. J’y vais. C’est aujourd’hui. Je pense avoir fait déjà ce voyage. Plusieurs fois. Et pourtant je n’ai plus de souvenir. Juste une sensation vaque. Est-ce une raison pour s’inquiéter ?
C’est à cause de ce monde. Il a tellement changé qu’on ne se retrouve plus. Voilà. Va savoir. Je regarde la dernière fois, du haut, vers le bas. Là-bas. Le monde. J’ai la foi.  La planète tourne. Je m’approche. Je rassemble mon courage, je vois un joli paysage. Je vois un endroit et puis un autre. J’essaie de comparer. Je n’ai pas envie de me tromper. Je regarde les gens, ils n’ont pas la même tête. En plus leur couleur change. Je vois des blancs, des noirs, des jeunes, des verts et d’autres… Ils sont vachement couverts. Je ne vois même pas leur couleur !? Je me demande s’ils fêtent le carnaval ?
Le choix est immense, la planète tourne et ma tête aussi, avec. Je décide de plonger. Je ferme mes yeux. Le choix ne vaut rien de toute façon. Je ne peux pas le vérifier. Je prends une assurance, je ferais une réclamation…
 
1. Conception
 
Ce jour là ma mère (future) se sente prête à accueillir une vie. Elle offre une place tout au fond de soi pour moi. Une grande manifestation d’Amour, d’Accueil et de l’Avenir. Ensemble. Elle, moi et trois A.
Ce jour là, un jour de grande confiance, et tout s’arrête pour un instant. Magie ! La vie se crée. Miracle. Il aura un être ! Moi !?
Ce jour là, la terre tourne moins vite, les étoiles brillent plus fort, les oiseaux chantent malgré le vent et le froid dessine des jolies images sur les vitres des maisons. Décembre.
Ce jour là en Russie, en Sibérie Centrale, dans une grande maison en bois, chauffée au charbon : deux corps se retrouvent dans un lit d’un mètre vingt centimètre, sous une couette en plume d’oie avec un motif de fleurs roses.
Deux corps jeunes et chauds. Ils se connaissent depuis un moment. C’est seulement depuis trois mois qu’ils se sont dit le grand « oui, je veux ».
Leur intimité est légitime maintenant, c’st important. Devant la loi. Et surtout devant leurs parents et leurs proches. Même moi, j’accordais de l’importance, à l’âge de mon insouciance. La terre n’arrête pas de changer. Elle tourne. Voilà un exemple vivant. Qui s’occupe encore aujourd’hui de cette question !? Légitimité. Rare est la personne…
Leur intimité est immense, chaude et toute jeune, sensible. Elle est aussi grande, puissante, naissante…
L’homme (mon futur père) caresse sa femme. La femme se laisse aller à la douceur. Elle savoure les baisers d’Amour. Leurs yeux plongent dans la profondeur de l’infini. Tout parait minuscule par rapport à l’immensité de leurs flammes. Amour, Envie, Désir.
Leurs regards…
Leurs corps s’enlacent. Leurs bouches se goutent. Leurs odeurs se mélangent. L’alchimie se crée. La beauté apparait. Leurs sexes se rencontrent. Dans une douceur enflammée, une chaleur augmentée, des caresses … un désir… et le mouvement se présente. Il est évident. Il monte. Elle monte. Il la suit.
Ce jour là, à cet instant précis, les deux sont d’accord plus que jamais. En accord pour toujours !? L’homme donne. La femme reçoit. Jouissance. Explosion. Evasion. Création.
 
2. Fécondation
Un spermatozoïde parmi des milliers fait son chemin pour arriver à l’ovule. Ils se rencontrent. Confiance. Intimité. Tout se fait naturellement. Programmation !?
Et moi ? Ou suis-je ? Suis-je se minuscule spermatosoide qui bat sa queue pour y parvenir ? Suis-je l’ovule qui attend, prête à se refermer des qu’elle laisse se premier arrivant rentrer ?
J’ignorais longtemps cette partie de mon existence. Je n’accordais pas d’importance. Je m’acceptais à partir de ma naissance. Une grande ignorance – errance. Une non-envie de savoir. Trop d’intimité ? Une sécurité ? Trop d’intérêt pour soi ? Amour propre ?
Je ressens un mystère. J’ai envie de savoir. Ma vie est libre. Elle m’appartient et je la tiens. Elle est tracée, créée, donnée. Un cadeau ne peut pas être repris !? Ai-je envie de le rendre ? Il faut juste que j’accepte. Je l’aime. J’en prends soin. Moi. De moi.
Et si la « course pour la vie » n’était qu’un voyage. Voyage tranquille et programmé. Une promenade.
Et moi. Ma moitié. Le spermatozoïde. Il fait juste paisiblement le nécessaire. Pour rencontrer l’autre. Il progresse à l’intérieure de l’utérus vers le rendez vous fixé dans le tiers externe de la trompe.
Moi. Ma moitie. L’ovule. Il est là, sachant qu’un visiteur arrive.
A peine quelques heures après son grand « départ » spermatozoïde arrive à l’ovule pour y pénétrer. Ils fusionnent. Ma vie commence…
 
3. Embryon
 
Les cellules se divisent. Tout accélère.
L’embryon (moi !?) fabrique 2 à 5000 cellules par seconde jusqu’aux 60 000 milliards qui constitueront un enfant (moi !?) à la naissance.
L’embryon aspiré, poussé, porté descend dans la cavité utérine. L’une de ses faces dissout la muqueuse de l’utérus pour s’y enfouir profondément. L’embryon se niche dans la paroi muqueuse, devenue un terrain fertile, bien irrigué, spongieux.
J’ai 15 jours. Ma taille est celle d’un grain de semoule. Moi !?
Toutes mes cellules possèdent les plans complets de l’organisme. Les cellules ne sont pas seulement gouvernées par leur propre équilibre, mais également par les cellules voisines ou lointaines qui se contrôlent les unes les autres dans un réseau de régulation réciproques.
J’ai 21 jours, 3 millimètres et mon cœur bat.
   
4. Fœtus
 Je suis. Je flotte. Finalement j’ai l’impression d’être toujours dans mon petit paradis. Il fait doux. Je ne manque de rien. Je grandis. Je grandis. Je commence à sentir que je grandis vraiment. Je me sens à l’étroit. De plus en plus. Je me sens géante.
Bientôt je commence à deviner que je devrais changer d’endroit. Je reste encore. Bientôt, je comprends – pas d’autres solutions… Je sais que je dois y aller. Je n’ai pas trop envie. On ne sait jamais…
Je gagne un jour. Puis un autre. Je me dis chouette. Personne n’a rien remarqué !
Une semaine passe. Je constate bien que je suis au delà du raisonnable. Pourquoi faire durer le temps si de toute façon… c’est plus fort que moi… une excuse… lâcheté… je ne suis plus fière de moi. Je prends du poids. Je grossi. Il ne faut pas être Pythagore pour faire un calcul mental et calculer le risque. J’attends quoi ? Une invitation ? De qui ?
Encore une semaine passe. Je ressens aussi la peur de ma mère ? Ou est-ce ma propre ? Je retarde le moment encore et encore… Une minute. Quelques heures. Je vais y aller. Je me pose encore des questions et je doute.
Suis-je désirée ? Vont-ils m’accepter ? Suis-je comme il le faut ? Y-a-t-il de la place pour moi ? Et l’Amour lui ? Ai-je droit ?
 
5. Naissance
 
Un jour je me décide. J’y vais. C’est aujourd’hui. Je pense avoir fait déjà ce voyage. Plusieurs fois. Et pourtant je n’ai plus de souvenir. Est-ce une raison pour s’inquiéter ?
Et s’il n’y avait pas de sortie et tout cela était déjà la fin ? Bon. Je verrais. Je suis curieuse, courageuse. Autant que j’ai peur…
« Comme une lettre à la poste » Tu parles !
Le tunnel parait infini. Le tremblement gigantesque. L’incertitude. Au secours. Le bébé est neutre. Innocent. Non. Que des histoires. Tout cela n’a aucune réalité. Je ressens, moi. Je ressens ce qui ressent ma mère, en plus, aussi. Je suis reliée. Aucun moyen de se défaire. Elle a peur. Elle angoisse. Elle crie. Elle ne sait pas ce qui se passe. Je me dis c’est quoi ce monde ? Je me sens perdue.
Personne pour la rassurer ? Mon père ! Faites venir mon père. Les idiotes ! Elles l’ont laissé dehors. Il fait des ronds.
Je proteste. Je veux mon père. Il est raisonnable. En plus il est capable. Capable de rassurer, d’assurer et d’assumer. Il est heureux. Il a envie d’être là. C’est grâce à lui que j’arrive. Pour qui vous vous prenez ?! C’est lui qui m’attend. Nous avons des choses à vivre. Des mots à se dire. Des phrases à prononcer. « Je t’aime papa ». Tu m’entends ? Je suis là. Je suis ta fille. J’arrive. Je vais m’en sortir.
Je ne suis pas entendue. Il y a des règles. J’en ferais connaissance. On les rencontre souvent dans cette vie. Nous ne sommes jamais vraiment si libres qu’on le désire.
Le temps passe. Combien ? Je ne sais pas ? C’est toujours la même chose. Ça tremble. Je bouge d’un centimètre. Le tremblement s’arrête. Je me repose à peine et cela recommence. Je veux m’endormir, mais aucun moyen. Je me sens épuisée. C’est comme dans la vraie vie !? À peine tu crois d’avoir attend le paradis et op… Ça tremble. Ça bouge. Et tu recommences. Tu rames… Silence. Tu reprends souffle. Assurance. Confiance. À peine tu crois d’avoir attend le paradis et op… Ça tremble. Ça bouge. Et tu recommences. Tu rames… Silence. Tu reprends souffle. Assurance.  Confiance. À peine tu crois d’avoir attend le paradis et op… Ça tremble. Ça bouge. Et tu recommences. Tu rames… Confiance…
Ma tête. Ma têêête. Je pousse avec mes jambes. Elle ne passe pas. Je savais que j’aurais des ennuis. J’ai envie de la laisser ici. Ma tête. Je peux ? Elle ne me servira à rien. Je suis sure. Je sais. Juste une source d’ennui. Eh ? Allô ! Personne pour me répondre. C’est quoi ce monde ? Ou est le responsable ? Je vais me plaindre !
 
 Dix heures vingt !
Felicitation madame ! C’est une fille !!! Que veut dire cela ? Est-ce dangereux ? Est-ce une maladie ? Y-a-t-il une place pour cette espèce ? Et laquelle ? Une place… Après tout ce voyage vaut cela la peine que je reste, fille ?
Et là, tout ce que je vis…
« Regardez ce petit fraichement sorti. On le pose sur une table. On l’examine. On l’expose. Il ressemble à un lapin, qu’on allait garnir pour mettre au four. Lui, qui a passé son temps roulé au chaud dans sa bulle. Il est étiré maintenant. Mais pourquoi ? Pour les centimètres. Laissez-le, il ne va pas grandir des mètres. Et les grammes. On veut les savoir tout de suite. On le met sur une balance. Mais quelle importance ? Surtout dans ces premiers instants. Accueil avec tact ? Je n’ai plus vraiment confiance…
Laissez-moi arriver. Comprendre. Reprendre souffle.
Foutez-moi la paix. Ma mère. Elle est où ma mère. C’est la seule que j’ai envie de sentir. Déjà que mon père est dehors… Ne me donnez pas la sensation d’être orphelin. D’arriver dans un monde de froid et d’absence. Donnez-moi une présence. Pour que je puisse sentir mon existence. Mon importance. Et l’Amour !?
Ma mère. Veut-elle savoir vos chiffres : centimètres et grammes, que vous êtes en train de lui balancer ? Elle s’en fiche royalement. Posez-moi sur son ventre. C’est la seule chose qu’elle désire. C’est par ce fait qu’elle va être rassurée, tranquillisée et heureuse. Elle veut son bébé. Je veux ma mère !
Ce n’est pas fini encore !? Arrêtez de me laver ! Quelle ignorance ! J’arrive ici avec ce qu’il faut. Je ne suis pas sale ! Économisez votre savon à deux franc six. Je suis gluante, brillante. J’ai tout prévu. C’est ma crème super luxe pour quelques jour à venir. J’ai envie de préserver ma peau raffinée et fine de votre monde stérile. Eh. Imbécile. Ne m’agresse pas avec ta vision de propreté. Cela sent la pauvreté. Ton esprit est petit comme une noisette. Laisse tomber ta petite serviette. Elle râpe ma peau délicate. Mais… Eh… Oh…
Y-a-t-il une fin à cette torture ? Non. La brûlure ! A-A-a-a-a… Mes yeux ! Les gouttes ! Ça encore ! Laisse-moi mes bactéries, c’est sont mes amis. Tu m’envies ? Même si l’hôpital est une usine, change ta routine. Regarde ailleurs, bouge ta masse grise. Vas-y ! Je t’en prie ! Je t’en supplie ! Ça suffit !
 
6. Nourrisson
Je suis.
Le quotidien. Tout change, bascule. Le tremblement gigantesque. L’incertitude. Au secours. Le bébé est neutre. Innocent. Non. Que des histoires. Tout cela n’a aucune réalité. Je ressens moi. Je ressens ce qui ressent ma mère. Je suis reliée. Aucun moyen de se défaire. Couper le cordon. Oui. Couper le cordon, couper le cordon, couper le cordon… C’est fait, on connait les conséquences. Sauf, si ma mère a peur, je le sens et j’ai peur. Elle angoisse et je ne me sens pas en sécurité. Lorsque je crie, je pleure. Elle ne sait pas ce qui se passe. Je vois sa peur. Son incertitude. Je me dis c’est quoi ce monde ?
Donnez-moi des moyens, une chance. Une expression variée et plus subtile. Encore aujourd’hui, je me sens traumatisée. J’ai grandi, mais je n’ai rien compris.
Je pleure si j’ai faim, je pleure si j’ai soif, je pleure si je suis fatigué et je pleure si j’ai mal. Je pleure des émotions et si j’ai peur. Je pleure si je ne comprends pas et si je me sens frustrée. Je pleure de la colère et des ennuis. Je pleure…
Ma mère. Ma pauvre mère. Elle n’a aucune formation. Donner lui la comprehension. Devenir mère est une énorme transformation. Comment donner, savoir et élever. C’est naturel, c’est programmer !? Je ne dirai pas ça, franchement, mais personne ne me demande. Je pleure.
Ma mère. Ma pauvre mère. Elle me donne à manger. Lorsque je crie, je pleure. Elle ne sait pas ce qui se passe. Elle me donne à manger.
Je pleure si j’ai faim, je pleure si j’ai soif, je pleure si je suis fatigué et je pleure si j’ai mal. Je pleure des émotions et si j’ai peur. Je pleure si je ne comprends pas et si je me sens frustrée. Je pleure de la colère et des ennuis. Je pleure…
Elle me donne à manger.
Je pleure aussi lorsque j’ai envie d’amour, de sentir sa chaleur et sa respiration. Son battement du cœur me manque tant. Je pleure…
Elle me donne à manger. Encore aujourd’hui, je me sens traumatisée. J’ai grandi, mais je n’ai rien compris.
Aujourd’hui. Je mange, comme j’ai appris. Lorsque mon âme crie et pleure ; je mange. Lorsque je me sens fatigué et mal ; je mange. Lorsque j’ai trop d’émotions et j’ai peur ; je mange. Lorsque je ne comprends pas et j’ai peur ; je mange. Lorsque je me sens en colère et frustrée ; je mange. Encore aujourd’hui, je me sens traumatisée. J’ai grandi, mais je n’ai rien compris.
Je mange aussi lorsque j’ai envie d’amour, de sentir une chaleur et une respiration. Je mange. Lindt est très conseillé dans ce cas de figure. Le chocolat rends heureux. J’entends ma mère dire « mange ». Je mange.
Je ne l’en veux pas. J’ai compris. C’est aussi tout simplement ce qu’elle a appris.
J’ai juste envie de comprendre pour ne pas reprendre. J’aime tant apprendre. Pour ne pas répéter, mais plutôt donner, donner plus d’amour pour en recevoir. Je suis venue pour cette raison. Il n’y a pas autre chose à faire.
Ma mère. Ma pauvre mère n’a pas su, pu m’allaiter. J’ai qu’à deviner. Le pourquoi ? Une trop grande intimité ? Trop de proximité ? Je comprends. On m’a donné le lait de vache. Je ne suis pas un veau. Eh. Oh.
J’ai bien grandi. Okay ! Les centimètres et les grammes. Quelqu’un a pensé à mesurer mon âme ?! De le mettre sur une balance de bonheur pour pouvoir voir son poids, son consistance. Peut-on voir une bonne croissance. Une courbe bien montante, augmentante et rassurante ?
 
 
Sixième et septième atelier : Autobiofiction
 
Soldat de vie, solitaire sous soleil de la solitude. Elle songe son son de vie. Son sang sensible, sous la peau sombre. Solitude. Somnole. Sommeil sourd. Sans boussole. Sous sol. Sans sens. Son sol fertile. Tournesol tourne. S’ouvre. Soleil. Sommeil s’envole.
Saut de souci. Vie sous la main. Source de souffrance. Son sourd. Vie.
 
Plouf, plop, plup, plum…
Une lettre est tombée et puis une autre. Ceci est devenu un mot et ensuite un autre.
iiiiiiiiiiiiiiiiiii… La porte grinçait et elle s’est ouverte.
Ou-ou-ou-ou-ou… Une phrase s’est invitée de rentrer et puis une autre. Elles se rangeaient une après l’autre en couvrant des pages. Sur sa vie, à elle.
A-a-a-a-a-a… Surprenante. Longue et courte. Dance et vide. Sombre et lumineuse. Matte et brillante. A qui de juger ? A elle ? A nous ?
Une vie comme une autre. Elle tremblait toujours devant l’idée d’avoir une vie médiocre. En se levant le matin, elle avait envie de rendre chaque journée encore plus belle. Elle cherchait l’Amour dans tout. Partout et toujours. Elle s’imaginait d’être une étoile. Une étoile qui attire, inspire et brille. En regardant dans les yeux des autres, elle voyait de la lumière. Dans les yeux posaient sur elle. En grandissant, elle avait envie d’augmenter la chaleur de cette étincelle pour en faire un feu. Une flamme chaude. Une flamme attirante. Une flamme puissante.
Cric-crac, cric-crac, cric-crac… Une fois femme, elle était flamme. Sans économiser, sans calculer, sans freiner. Jeune, elle ne savait pas que la flamme devenait cendre. Froide et grise. Inintéressante sans importance ni sens. Elle ne supportait pas la cendre. Epuisée, toujours envie de brillait. En vrac. Un jour.
Toc-toc, touc-touc… Soundouc. Une vérité fut évidente. Une sagesse est rentrée dans sa porte. La porte à elle. Et c’est à quarante ans qu’elle a accepté la cendre, pour mieux renaitre en feu. Sa vie est devenue douce et tendre. Accompagnée de cendre. Le feu peut créer des incendies. La cendre rend la terre fertile. Amour est né à cet instant.
Elle se posait toujours la question sur le sens de sa vie. Cela en douceur. Pour prendre le virage, pour avancer. Sa vie est devenue rivière. Elle coule. Elle tombe comme une cascade. Elle stagne comme un lac. Elle se remplit comme une mer (mère). Elle s’ouvre comme une écluse. Elle se rebelle comme océan. Elle sèche comme une larme. Elle recommence comme une pluie.
Cap, top, plop, pluf, plum… Elle s’est entouré de toc, boum, bam, ah-ah, trap, brrrrr, bap-boudidoum. Elle adorait cette musique. Elle a pris gout. Elle en demandait même. Elle chantait tra, plu, glu, mou, cou… L’âge s’approchait. Le temps coulait si vite. Elle commençait à être parasitée par les pensées de la mort. La joie, le bonheur… Est-ce que c’est l’heure ? La mort est reculée devant son envie de vivre. Elles allaient se croiser un jour, mais plutard. Elle a décidé. Elle dansait avec le vent, les arbres, les branches, les feuilles.
Cinquante ans. Elle a vécu trop vite. Elle a eu la peur trop tôt. La vie était là, disponible pour elle. Elle s’approchait un peu plus des gens. Elle recommençait. Une étape, sa vie.
Tam, ta-ta-ta, tram, pam, poum… Un jour elle a senti d’être que à la moitie de sa vie, de son chemin. Cendre, feu, l’eau, vent, terre… Elle était tout. Elle est rentrée dans l’âge de la « sagesse ». Quelle délicatesse. Elle regardait son visage de temps en temps avec nostalgie. Jeunesse. Elle avait conscience de sa beauté. De la vie, du vécu et du cœur. Son cœur s’ouvrait jour après jour. Il laissait rentrer le merveilleux.
Elle s’est ouverte comme une fleur, pour accueillir la vie. Elle sentait une envie de retrouver l’innocence de son enfance. L’insouciance, légère et eternel.   
M-m-m-m-m, c’est bon. Chaque jour une nouvelle fleur. Rose, marguerite, lilas, tulipe, orchidée… Quelle beauté ! Couleur, vie. Et oui, cette odeur sucrée et tendre. Elle enivre, donnant envie de vivre !
Clop, clip, clap… La pluie tombe. Elle arrose. Les fleurs. Son cœur. Elle pleure. Cela rend son cœur doux et souple. Ouvert.
Elle avait élevé cinq enfants. Elle en était si fière. Elle les contemplait. Leur beauté, intelligence et douceur.
Elle comptait trois hommes dans sa vie. Elle avait croisé d’autres, surement jolis, mais de passage. Elle n’était pas sage ?! Pourquoi ? Curiosité, expérience, chance, amusement…
« C’est ma vie ! Je fais ce que je veux ! » - était son habitude de dire. Elle cherchait juste de l’Amour. Une qualité particulière. Elle aimait tant la douceur et la tendresse. C’était la seule vraie délicatesse, richesse et …
Lorsqu’elle le vivait, elle se sentait comblait. Vivante, joueuse.
Plop, plop, plop… Une pluie d’Amour. Elle venait d’une famille aisée. Elle n’a jamais manqué de rien. Elle s’est sentie toujours gâtée par ses parents. Elle était entourée et aimée. Elle avait voyageait avec ses parent autour du monde en s’ouvrant aux cultures différentes.
Elle était la fille unique. Elle avait un beau visage. Les jeux clairs, les cheveux bouclés, qui tombaient sur son visage, mettant en valeur sa peau blanche. Elle avait un regard doux et innocent. De taille moyenne, elle avait une belle silhouette…
Crac, cric et c’était fini, sans fin, ni de la logique. Une vie…    

 

 Textes du neuvième atelier - haïkus de rêve 

 

Rêve du 8 août (dimanche)

Je rêve d’une catastrophe. Je ne sais pas vraiment ce qui s’est passé… Je suis dans une gare. Les trains… Je vois plein de monde. La gare est transformée dans un « hôpital ». Les gens assis, allongés… Par terre… Sang… Du sang partout… Je vois quelques hommes du personnel, ils sont en blanc… Ils sont penchés sur les blessés… Je marche, je me déplace doucement et je regarde autour de moi… Je suis surprise de ne pas avoir peur… De voir… Ce que je vois ? De quoi j’ai peur ? Toujours j’avais peur de voir les blessures de la chair… La souffrance liée au corps… Je ne supportais pas de voir du sang, plus qu’une goutte… La, ce que je vois vraiment…

 Les visages… Les visages parfois vides… Que je crois vides… Je vois d’autres remplis de peurs… Et encore d’autres qui sont inondés de …

Plus je me réveille et plus le rêve disparait, il m’échappe, j’ai du mal à m’accrocher à lui, à noter ce qui était, car ce n’est qu’un rêve, rien de réel ?

Indifférence… Silence… Désespoir… Lassitude… Tristesse… Peine… Découragement… Fatigue… Epuisement… Léthargie… Apathie… Dépression… Détresse… Misère…

Les visages blancs… Vidés de sang… Immobiles… Figés…

Les yeux fixés… Sur quoi ? Le vide ? Le passé ? Les souvenirs ?      

Les corps arrêtés… Immobilisés dans la douleur ? Paralysés sans issus ? Retenus par une blessure ? Stoppés dans la joie de vivre ? Cessés poursuivre le chemin ? Suspendus dans le temps ? Livrés à la chance ? Relâchés à l’inconnu ? Attachés à l’espoir de vivre ? Ancrés dans une certitude que la vie ne sera plus jamais la même ?

Est-ce un destin définitif ?

Est-ce un futur qui varie ?

 

Haïkus du rêve  

Les visages blancs

Les yeux fixés sur le vide

Le chemin d’espoir

 

Blessure de la chair

Une goute vide inondées de peur

Le futur varie

 

Les gens par terre du sang

Les hommes habillés en blanc

Le destin fixé

 

Rêve du 10 septembre 2010

Après mon atelier d’écriture sur les rêves, je rêve. Je rêve d’être quelqu’un ou quelque chose… J’ai du mal à ma sentir, ma présence, mon identité. Je suis capturée et je n’ai plus droit à la liberté. Je dois obéir et obéir. Et après… mon existence se dégrade. Je me sens de plus en plus triste et je me sens faiblir jour par jour. Je n’ai plus du goût à la vie.

J’écris ce rêve et j’ai les narines qui pique, je sens mes larmes toutes proche, je n’ai pas trop envie de les laisser venir, à quoi bon… Pourtant je n’ai pas l’impression que ce rêve peut refléter une réalité… La mienne !? Non…

Il arrive un moment ou je constate qu’il y a un autre quelqu’un avec moi. Il est aussi en « prison ». Il est aussi abattu et sans espoir. Nous nous retrouvons face à face, mais je ne le ressens presque pas. Sa présence est déjà tellement faible.

La source, la chose qui nous tient, s’approche de nous et encore une étape nous attend. Ce quelque chose nous crève les yeux avec un objet métallique, froid et très aigu. La lumière éclate pour disparaitre définitivement. Je perds ma vu. Je ressens une terreur invivable. Je ressens de la souffrance. Je me laisse mourir…

Je me réveille et je me sens « morte ». Je me sens triste et fatiguée, je ne vois pas le sens de cette journée et tout ce que mon regard croise est fade, étrange… Sans sens.

La réalité m’échappe et je bouge comme un zombi. Une machine programmée. Je la vie sans y être.

J’oubli les rêves d’habitude avant de me lever. Il est déjà midi et celui-là est encore dans ma tête, il est plein de couleurs, ressentis et souvenirs...

 

Haïkus du rêve  

Etre là avec toi

Engagement me pèse

Je suis aveuglée

 

Espoir abattu

La lumière définitive

La vie disparaît

 

Dizième et onzième ateliers 

 

… je tombe, à côté de la chaise, je ne me fais pas vraiment mal, mais qu’est-ce qui se passe … l’air ne rentre plus dans mes poumons, ma gorge est serré, une douleur dans la poitrine, les larmes qui montent, une tempête de larmes, le nez qui pique, car l’eau est là, je retiens et cela me coute, je me sens réduire à l’intérieure, comme « Alice dans le pays de merveille »… cette chaise, elle est retirée par mon grand-père, je l’adore et je sais qu’il veut s’amuser, mais cela ne me ravie pas et je pars… mon grand-père, grand-père… je suis sa dernière petite fille, je me sens aimée et adorée par lui… je m’amuse beaucoup, je le trouve doux, drôle et je suis attachée… je grandis sur ses genoux… il est tout pour moi… le monde… ce monde est en train de s’écrouler… je quitte la cuisine et la chaise, ma chaise près d’une grande table en bois, une vraie table, massive en chaine… elle est impressionnante pour moi, car je ne peux même pas la bouger, cette table du diner de famille, dans une cuisine chauffe au bois, une odeur agréable du repas… la cuisine est éclairée par une ampoule, qui descends une vingtaines de centimètre du plafond, accrochée à un fil… je regarde dehors, mais le noir est si intense et la vitre de la grande fenêtre est couvert du givre… je devine une jungle, même si je suis si loin, même si je ne le verrais jamais, une jungle sauvage, pleine d’animaux, je l’imagine… c’est au milieu de l’hiver en Sibérie Central… le dessin est très joli et épais, comme cette envie de commencer enfin de manger… moi, qui avais si faim… la faim, l’authentique… après une journée d’activité… mon appétit est grand, je suis petite, j’ai besoin de manger pour grandir… oui, je me rappelle des goûts excellents, mais aussi parce que je ressens une faim délicieuse, celle qui rends les odeurs appétissants et je sens l’eau dans ma bouche… je me lève pour me servir de la viande  et des pommes de terre, je reviens avec mon assiette bien garnie, je prends soin de ne rien laisser tomber sur ce chemin long vers la table, je marche doucement, quel âge… la chaise tombe… je quitte la cuisine, dans ma bouche encore ce goût, exquis… le goût des plats, cuisinés par ma grand-mère ; les plats simples, qui sont préparés dans une grande marmite sur le feu et souvent dans le four au même temps qu’elle fait le pain et toutes ces friandises… je ne reviens pas ce soir-là à table, je le sais, je préfère de mourir tout de suite, pas lui, non, je ne peux pas imaginer que c’est mon grand-père, le seul à qui je fais confiance, la chaise retirée et je tombe avec mon assiette qui se renverse sur moi… je salis mes vêtements, je n’en ai pas beaucoup et je tiens à chaque pièce… c’est précieux, comme la bonne nourriture qui se retrouve par terre, sur le sol, planches en bois la couleur du quel était refaite tout les ans, une couleur marron claire… je me sens bouleversée et je bous, je regagne une chambre à côté, noire et froide, je me cache sous mon lit et dans mes oreilles j’entends encore le bruit de la chaise qui tombe, un bruit sourd et violent pour mes petites oreilles.. la chaise est lourde en bois… j’entends encore écho des rires… les rires bêtes et stupides, ces éclats des voix de mes proches, qui se sentent amusés, mais par quoi… comment peut-on… rire… s’amuser j’adore aussi, mais se moquer… je cherche à comprendre et je ne trouve aucune explication… je reste là sous mon lit, je suis une boule… une petite boule sans forme, sans compréhension, sans consolation… personne vient… j’entends bien sur les voix idiotes  – oh, viens, on ne peut même pas s’amuser avec toi – oui, je comprends… je referme encore plus ma boule et je ferme mes oreilles… je me pousse contre le mur pour me sentir moins seule… mon corps refroidit petit à petit… le mur de la Isba est en terre mélangée à la paille et à la chaux, il est peint d’une couleur bleu très claire, cette couleur est le reflet du ciel et de la neige, une couleur très gaie… Isba est faite du bois ramener de la taïga avec les machines lourdes et lentes, bois préparé avec la hache… je reste là et je rêve de devenir malade pour qu’on s’occupe de moi… mais je sais que cela n’apporte jamais ce que j’attends… je sens et je sais que même morte je n’aurais pas ce que j’attends… donc, je n’attends plus… la maison est calme… je suis restée très longtemps boule et toutes les personnes sont déjà au lit… transformée en glaçon je ne sens plus mes membres, je quitte mes vêtements humides et souilles et tout doucement sans faire du bruit je me glisse dans mon lit… un vieux lit bleu en métal avec un matelas dur et fin… il ressemble à un hamac presque… je me couvre avec une épaisse couverture en plumes d’oie, qui m’accueille avec un froid glacial… mais petit à petit… je commence à nouveau ressentir mon corps… il se réchauffe, la couverture aussi, elle cède, je me sens au paradis, mes yeux deviennent lourds… la fatigue m’envahit… mon sommeil est profond, il répare…

 

 

  Texte du onzième et douzième ateliers - nouvelle poulpeuse 

 

Caviar russe

 

Ça c’était passé comme ça. Je travaillais dans mon bureau. Comme d’habitude. La journée était très calme, je me sentais particulièrement inspirée et j’étais absorbée par mon activité. Comme souvent mon portable était en silence. Je n’aimais pas être dérangée en plein travail. Par hasard, au moment où j’ai tourné la tête, j’ai vu l’écran de mon téléphone s’allumer. Quinze heures vint-sept. Le numéro qui s’affichait m’était bien connu. C’était Jo. Un type que j’avais croisé par hasard lors d’une conférence à Toulouse. Les années sont passées et Jo ne cessait pas de me surprendre. Il appelait trois fois par an environs, en me proposant à chaque fois de participer à ses « affaires ». Des histoires à la con. Ces « affaires » ne m’attiraient pas et d’ailleurs, je ne comprenais jamais le sens de ce qu’il entreprenait. C’était surement louche à mon avis. Néanmoins, je l’écoutais toujours avec délectation, pour ensuite décliner sa proposition avec tact et respect. Son accent et sa manière de s’exprimer m’amusaient énormément. Je ne pouvais jamais me refuser le plaisir de l’entendre. Aucune de ses histoires ne tenait debout. Peu importe ce qu’il racontait, j’avais du mal à rester sérieuse sans exploser de rire.

Je le trouvais tordu, sans qu’il soit méchant, malgré son apparence physique et surtout ce qu’on pouvait deviner derrière ses origines, rien qu’à sa manière de regarder. Il fixait son interlocuteur sans le lâcher et ses yeux bleus claires ressemblaient à un scanner… Il donnait toujours son opinion surtout sans qu’on le lui demande. Il parlait sans faire des pauses et déstabilisait tout être vivant par …

Sa culture générale était impressionnante. Il savait tout sur tout. Il était toujours au courant…

Jo, d’origine bulgare était un jeune homme, contant à peu près trente-cinq hivers. De  taille moyenne, il troublait par sa carrure : baraqué, musclé et féroce… Tous les matins, sans exception aucune, il faisait ses pompes. Il se levait, sans avoir de réveil, tous les jours, à la même heure. Six heures pétantes. Et comme tous les matins depuis longtemps, il se préparait avec beaucoup de précession pour sa journée. Une heure. Exercices physiques, quarante minutes, une douche froide, cinq minutes, il frottait son corps avec la serviette avec insistance. Jo brossait ses dents, deux minutes, son regard perçait le miroir… Quatre minutes était consacrées au rasage, une des choses à laquelle Jo accordait une importance particulière. Une minute pour peigner soigneusement sa chevelure brune et épaisse. En trois minutes, il mettait un boxer, toujours du jour et des chaussettes, il boutonnait une chemise et rentrait avec élégance dans un de ses costumes. Tout était noir. Cette couleur lui plaisait et allait soulignée la blancheur de sa peau en hiver et son bronzage en été. Cinq minutes restantes pour rassembler toutes ses affaites… peu nombreuses. Toute sa vie tenait dans un gros sac de voyage « Nike » noire. Et… Juste avant de refermer la porte dernier lui, il mettait ses chaussures. Les santiags, achetées lors de son voyage en … Noirs et toujours en très bon état.

Dernier regard lancé dans le miroir. Il était sans exception fière de ce qu’il voyait. Un bel homme soigné et bien habillé. Les cheveux bien en place, le rasage impeccable. Les vêtements propres et repassés. Le corps entretenu, l’âme n’est pas souffrante. Ce qui venait de mettre une touche personnelle, son look à lui… La chemise ouverte, un peu trop à mon goût, et sur son torse poilu, une chainette en or. Une de ces croix massive…

Jo parlait de Dieu, comme il parlait de tout et n’importe quoi… Il n’allait pas à l’église, mais Dieu était présent sur son chemin de vie.    

Il quittait sa chambre toujours à sept heures et il ne savait jamais quelle sera l’endroit du soir. Il prenait le temps pour s’attabler. Il prenait son petit déjeuner tranquillement. En dégustant. Il lisait le journal pour être au courant de la politique et de l’état du monde…

Assis, il prenait le temps de voir la vie défiler. Il profitait de cette heure encore assez calme pour se permettre de faire ce qu’il se refusait dans la journée, pris par ses occupations… Draguer. Il draguait tout ce qui avait des jambes avec une paire de sein. Sa manière d’aborder une femme n’était ni vulgaire, ni galante. Je pouvais bien le juger, car notre rencontre avait commencé ainsi.

 

- Bonjour, Madame…

- Oui, bonjour.

- Svp, pourquoi être seule vous ce soir ?

- Qui vous a dit que je sois seule ?

- Je vous observer toute la soirée…

- Etes-vous un espion !? (rire)

- J’aime espion avec les jolies femmes !

- C’est votre hobby ou vous faites ceci professionnellement ?

- Svp, moi voir vous n’êtes pas commode.

- Je n’aime pas être draguée par n’importe qui…

- Oui ! Svp, pardonnez-moi. Ma prénom Jo, tous les gens me connaitre…

- Enchantée, je m’appelle Olga.

- Ah, vous russe, moi connaitre la Russie. Très joli pays ! Belles femmes en Russie ! Vous parlez bien français.

- Merci. J’aimerais partir ? Je vous laisse.

- Votre mari vous attendre à la maison. Moi, comprendre.

-  J’étais ravie de faire votre connaissance. (je commence à me déplacer, il me suit vers la sortie)

- Svp, ne pas partir maintenant. Nous aller boire un verre. Je inviter vous.

- Non, merci, je suis fatiguée et j’ai envie de rentrer.

- Moi, vous amener chez votre mari. Une femme belle et seule n’est pas bon. Danger, les monsieurs méchants dans la rue. Vous très belle. Femmes slaves toujours très belle. (je continue à avancer à travers la foule, il me suit sans arrêter de parler, je trouve la porte et je sors en me précipitant, je lance le dernier)

-  Au revoir. (je parviens à ne plus être suivie, possible qu’il me laisse partir tout simplement, mais pas loin… une fois dans ma voiture je reçois son coup de téléphone… Avec sa voix très fière, il m’annonce qu’on ne pouvait pas s’enfuir si facilement de Jo… Je n’attends rien de grave dans ce qu’il dit, mais il me parait juste trop étrange… Je me sens intriguée et je le revois dans la journée pour un déjeuner. Je découvre une personnalité débordante…)

Donc, Jo draguait par pur plaisir de l’instant. Aucune femme n’avait jamais pu craquer son cœur. Il ne s’était jamais marié. Il ne couchait pas avec les femmes non plus. En disant qu’à son âge, qu’il considérait avancé, il n’avait plus besoin de cela. Une femme voulait dire des ennuies… Il n’en avait pas envie. Pas besoin. Il avait envie de se sentir libre. Il était libre… 

Il ne vivait nulle part, ses affaires étaient entreposées dans un garde meuble, qui visitait de temps en temps. Un canapé blanc en cuir, quelques meubles en bois massif… jolies chaises, style…

Il y avait dans la vie de Jo, une voiture… Elle était verte. Pas noir, non. Un vert très foncé. Intérieure était noir et les sièges en cuir. La voiture de Jo était importante. Il passait beaucoup du temps sur la route. 

Quinze heures vint-sept. Je décroche. Tout s’accélère. Jo parle toujours vite, mais cette fois je sens une précipitation différente.

- Oui, Jo.

- Viens, stp Olga. Moi, besoin aide.

- Je ne sais pas ce que…

- Très important pour moi !

- Mais…

- Je ne pouvoir pas parler plus. Pas pouvoir expliquer au téléphone. Toi, venir, stp. Ma vie dans tes mains. J’ai une demi-heure. Moi, va t’attendre.

- Je ne …

- 13, chemin du désert à Toulouse, pas loin de toi, toi venir vite en voiture.

- Vraiment, je…

- A tout de suite, chérie !

 

Il raccroche. J’essaie de rappeler. Il ne répond pas. Je réfléchis un instant, quinze heures vingt-huit. Je rentre dans ma voiture. Je mets le GPS. Arrivée prévu quinze heures cinquante-trois. Je prends la route.

Je trouve facilement. Les routes sont encore libres. C’est une zone industrielle. Le numéro treize a l’aire non utilisé depuis longtemps. L’herbe est haute. Le portail roué ne s’ouvre plus. Il laisse à peine passer une personne. Des grosses voitures sont garées devant. Noires. Je reconnais celle de Jo. Verte. Je me glisse entre les vieux volets du portail. J’empreinte le chemin vers…       

 D’un coup je rentre dans un autre monde. Ma dimension bascule. Je me retrouve dans une salle, une sorte d’hangar géant. Je me sens englouti. Je ressens du froid sans savoir si c’est ma peur ou si c’est l’immensité de l’endroit. Je me demande à quoi pouvait bien servir ce vieux dock abandonné.  Entrepôt d’une entreprise ?!

La halle fait vibrer les voix, tout est grave. Chaque bruit et surtout le silence. Il est le plus menaçant.

Pénombre. Mes yeux commencent à s’habituer. Je remarque deux énormes gars. Armés aux cranes rasés.

Au milieu de ce grand espace, je vois Jo, devenu petit, attaché sur une chaise, son visage calme, son accent toujours si drôle.

 

- Bonjours chérie ! Merci de venir.

- Bonjour ! Je ne comptais pas voir autant de monde…

- Voilà, elle pouvoir le dire. Elle me connaitre, nous vivre ensemble depuis…

- Jo, explique-moi ce qui se passe !?

Je reste là. Je regarde autour de moi. Je vois les yeux féroces qui me fixent. Je comprends que les gars ne sont pas des comiques. Jo a besoin de moi. Je suis son alibi !?

Je vis un moment d’éternité, silence, qui pèse et dans ma tête tout défile à une vitesse folle…

D’un seul coup un des deux se tourne vers moi et me vise avec son flanque… Je le vois nerveux, il hurle…

- J’en ai assez…

Il s’approche de moi, d’un pas long et sur, en me regardant… Son œil est cruel…

Je me réveille… Ma respiration est rapide… Un instant passe… Je me rappelle bien évidemment que Jo m’avait appelé hier à 15 heures vingt-sept et que dans la soirée j’avais regardé avec mon fils le nouveau James Bond « Quantum of solace ». Je souris et cette fois c’est moi qui appelle Jo pour le faire rire…

 

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Published by atelier d'écriture Labège - dans Olga
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