Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 16:35

Texte de Virginie

 

LE POISSON ROUGE

 

Le matin, au sortir de ce rêve agité, je m’éveillai transformée en poisson.  

C’est pas croyable !. Ca alors !. Mère avait concocté la veille pour père son plat favori : une fricassée de poissons dont j’en avais encore gardé les saveurs venues d’Asie…Et moi qui adorais nager, je ne pensais pas carrément me métamorphoser un beau matin en poisson rouge !.

 

Plus de bras, plus de jambes, à la place des nageoires de toute part, dorsale, caudale, anale…Mon corps était recouvert d’écailles rouges, couleur symbolique dans ma culture…la culture chinoise. Cette robe couleur vermillon me sciait à merveille. Ma robe écarlate faisait l’objet d’admirations. J’étais, par ailleurs, le seul animal dans ce sweet home à part le soit-disant Homo Sapiens. Je ondulais à chacun de mes mouvements : mon corps était devenu souple, rien à voir avec la raideur habituelle dont j’étais sujette, moi qui éprouvait le besoin de m’étirer, de pratiquer du stretching. Je frétillais de plaisir, lovée par la douceur de l’eau limpide, régulièrement renouvelée de mon aquarium. NAGEOIRE

 

Journellement, mon grand-père venait me voir pour me nourrir, me parler, me conter ses histoires d’une autre époque, d’une autre vie. J’aurais voulu m’exprimer verbalement aussi de mon côté. Mais, seules des bulles muettes s’échappaient de ma bouche entrouverte. J’entendais et voyais les va-et- vient de mon père, de ma mère, de mes frères et de mes sœurs, vacant à leurs besognes quotidiennes, interminables. Peu à peu, cette couleur si remarquable finissait par me procurer une certaine gêne. J’aurais voulu me confondre parmi les quelques algues artificielles qui peuplaient mon habitacle.

 

J’avais à manger, à boire à profusion, j’avais l’essentiel. Cependant, j’aspirais parfois au grand air, à la liberté voire également à remonter à la source.

 

Texte de Bérengère à la façon de …. Kafka.

 

Un matin, au sortir d’un rêve agité, il s’éveilla avec une sensation de langue de bois. Il avait une forte envie de vomir.

Mais d’où pouvait provenir cette étrange odeur, cette sensation de suffoquer ?

Il lui était impossible de tourner la tête pour se rendre compte de l’origine de son mal- être comme si celle-ci était fondue à son corps.

 

Que lui était-il arrivé ? Son tronc était complètement inerte : bouger ne serait – ce qu’une phalange était irréalisable. Par contre, aucun angle de sa chambre ne lui échappait comme si ses yeux étaient dotés d’une vision panoramique complète :plus besoin de faire pivoter son cou. Etrange !

Un rapide regard en arrière lui appris que son abdomen était scindé en 2, recouvert de longs poils drus bicolores : noir et orangé. Sans doute, trop fatigué la veille au soir, avait-il oublié d’ôter son déguisement d’Halloween. Mais pourquoi se sentait –il si engoncé dans ce cas ?

Il décida de l’ôter mais dans l’agitation  qui l’avait saisie, il ne réussit qu’à tourner plusieurs fois sur lui-même. En effet, de minces chélicères acérés s’agitaient sous lui, sans discontinuer, réalisant un menuet endiablé.

.

Des vibrations imperceptibles l’empêchèrent de se poser plus de questions. Déjà, tout son être réagissait à l’appel émis par sa future proie. Il s’élança sur l’insecte pour le tuer. Il se mit à cracher sur sa victime 2 jets d’une substance collante produite par des glandes situées dans sa bouche. Ces projections tombèrent en zig-zag sur celle-ci et la paralysèrent au sol. Il ne lui restait plus qu’à la mordre pour la tuer.

Qu’avait-il fait ? Son cerveau n’était plus qu’un organe servile, soumis à une volonté impérative issue d’un instinct primitif : sa  survie. Il n’était plus qu’un ventre sur patte et seule sa panse commandait. Sa bouche si souvent ornée d’une moue rieuse se retrouvait n’être plus qu’un trou béant, emplie de substance toxique, prêt à répandre son fiel à toute présence d’anthropode.

 

Il décida de trouver un coin tranquille, sombre si possible pour réfléchir. Il devait rêver ou plutôt cauchemarder.

Il trouva une plante et dans son extrême agitation de mit à sécréter de minces fils de soie sans même sans rendre compte. Peu à peu,  une immense toile en forme d’entonnoir apparut.

Il se sentit extrêmement las après ce travail d’une grande finesse. En même temps, une sensation de lourdeur inhabituelle l’envahie comme s’il était chargé d’un poids dont il fallait à tout prix qu’il s’allège…. Il  se mit alors à pondre des œufs, minuscules ovoÏdes d’un blanc crémeux pour ne pas dire sale. Quand il eut accomplit sa tâche, il commença à tisser un grand cocon tout en soie, sphérique,  autour d’eux afin  de les suspendre au sommet du feuillage.

 

Il fallait qu’il se réveille ou qu’il se rendorme : cette chimère monstrueuse devait prendre fin au plus tôt. Il pensait à la maîtresse de maison qui se faisait un devoir de chasser les arachnides d’un bon coup balai dès qu’une d’entre elle pointait le bout de son nez. Le temps lui était donc compté.

 

Mais qu’avait –il fait pour mériter cette mutation ? Il se souvint de la légende d’Arachnée et de sa vantardise proverbiale. Ce n’était pas son cas. Certes, il était banquier mais il n’attendait quand même pas tapis au fond de son bureau que ses clients manquent à leurs obligations. Ses conseils étaient avisés même si certains pouvaient avoir l’impression de s’être laissés attirer dans un piège après avoir suivi son argumentaire bien rodé. Il avait besoin des primes que lui octroyait son chef d’équipe à chaque contrat conclu. Ce n’était quand même pas un crime !

Il se souvint d’une réflexion de sa femme : «  Est- ce qu’il t’arrive de penser à tes clients lorsqu’ils se retrouvent complètement endettés avec l’unique perspective de perdre le travail de toute une vie ! »….  Que lui avait –il répondu ? Il ne s’en souvenait plus.

Il commençait à avoir mal à la tête, il y verrait plus clair à son réveil….

 

Il décida de  regagner son lit. Il glissa le long d’un fil de soie. Puis, il essaya de se camoufler sous les draps. Soudain, une montagne se mit en mouvement dans sa direction, il glissa dans un creux sans fond. Non ! Non ! Pas maintenant ! Il devait se réveiller ! Ce ne pouvait pas être la fin, ! Pas de cette façon ! NONNNNNNNNN …….

 

Partager cet article

Repost 0
Published by atelier d'écriture Labège - dans Productions 2010
commenter cet article

commentaires