Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 15:37

Premier atelier : LOTO PORTRAIT

 

Moi bouchée de sang
Moi aux yeux mer de jade
Moi chevelure de feu
Moi face lumineuse tournée vers le soleil
Moi anémone d’amour
Moi tendre et lucide
Moi vive et insoumise qui ne suis rien
Moi saine, passe sur le chemin
Moi particule  joyeuse
Moi vers la mort comme chacun
Moi amoureuse de vie
Moi empêtrée de pensées sauvages

 

Moi, Corinne,
Fille des mers, d’origine malouine
Vécus au centre de Paris
Moi baladine, au vent se mêle
Enfant, mère et aventurière
Mon  cœur est la terre
Mon rire  est le souffle, est la vie
Je suis un paysage balayé par le vent,
Un arbre cherchant la forêt.



Deuxième atelier : je me souviens du cadavre exquis

Phase 1 : phrases produites en commun

Je me souviens de ce gamin fin saoul pour son 1er anniversaire fêté sans les parents.
Des glissades sur le canal du Midi gelé l’hiver 1985
De mes copains d’alors, que des étrangers, certains tout justes arrivés de leur pays natal, au son si gai.
Nous étions jeunes, insouciants, gais.
Je me souviens des effluves marines se mêler à la bruine du mois de novembre.
 De l’éclat de ta peau sous la lumière de juillet, il y a bien longtemps, l’été de nos 17 ans.
On se croyait dans un film d’Hitchcock.
Que la lettre « J’accuse ! » d’Emile Zola a marqué l’histoire de Dreyfus et de l’emprisonnement au bagne.
A moins qu’ils ne soient comme des maîtres bouddhistes et qu’ils ne ressuscitent.
Ces maîtres qui ne reviendraient jamais, partis et effacés de la surface de la terre

Phase 2 : Tous les souvenirs disparaîtront.

Comme ce gamin, notre copain, fin saoul, pour son premier anniversaire fêté sans ses parents, où nous avions glissé, sur le canal du midi gelé, un après-midi de l’hiver 1985, de mes copains d’abord, et des étrangers, certains tout juste arrivés de leur pays natal, au son si gai, de ce moment  encore je me remémore. Nous étions jeunes, insouciants et joyeux.
   Nos chutes et nos rires si nombreux mêlés aux effluves aquatiques sous la bruine de ce mois de novembre ; puis l’éclat de ta peau laiteuse sous la pale lumière, il y a bien longtemps. Les garçons s’amusaient à nous faire peur. On s’imaginait être dans un film d’Hitchcock.   
Disparus comme nos maîtres et leurs leçons sérieuses et tous les « J’accuse » d’Emile Zola, Dreyfus et le bagne ; les règles de trois et le théorème de Pythagore. Nous finissions le lycée et pour nous ces maîtres, à moins que bouddhistes, ils ne ressuscitent, ne reviendraient jamais dans nos vies pour toujours effacés de la surface de la terre.
Nous, alors si complices, maintenant noyés dans nos propres vies, inconnus dont les noms et les visages s’effacent.
 Aujourd’hui je marche seule le long de ce canal…
                                                                                  … si calme
                                                                                                               … trop calme.  

 

 Troisième atelier : J'ai vingt ans sur la photo 
 

corinne-B.jpgC’est moi, j’ai 20 ans !

Je reviens de Djerba avec mes parents. Je ne suis plus en révolte, je ne veux plus découvrir le monde et sauver la planète. Je suis heureuse de retrouver ma famille et le lieu de mes vacances enfantines, St Briac où je jouais au club Mickey avec mes amis et mes cousins. Cette plage du Béchet  où j’ai bâti tant de châteaux de sable, exécuté tant de roulades et amassé tant de merveilles. Cette mer fraiche dans laquelle je me baignais et pêchais avec mon grand-père. Cette plage, où pour notre « quatre heures », m’accueillaient les bras de ma grand-mère pour m’enrouler dans d’immenses serviettes orange en éponge douces, avec lesquelles elle me frictionnait avant de nous servir notre goûter breton fait maison. 

 Aujourd’hui je suis une femme fière, libre, belle et bronzée.  J’ai vu le monde, aidé les hommes et tout me réussi. J’allais chercher ailleurs et tout était là en moi ! Je suis passionnée de musique. Elle sera ma vie.

Le sable encore humide d’une récente averse, est doux sous mes pieds. La mer est ma source d’apaisement, et cette plage mon bercail ; mais ma vie se construira à Paris parce que tout y vit. Je sais où je vais.

 

Sixième et septième ateliers  : autobiofiction

Le trille de l’électron libre 

 Courrier.                                                                                                                                                    

 Il était las, , laminé en découvrant ses origines, languissant d’en savoir plus. Il fallait maintenant cher prise, perdre l’habitude de tout contrôler. Cette photo de lui à 2 ans, prise dans une ladrerie, un lagotriche accroché sur l’épaule près d’un lac, l’interpellait. Quel était l’abbé sur cette vieille image sépia qui l’entraina, lui sans label dans sa tour de Babel, dans le sillage de sa vie offerte, de labeur. De sa mémoire labile, il comblait grâce à cette lettre,  à l’écriture tremblante, un coin de sa vie : il le découvrit en larmes dans les laiterons, le transporta dans un berceau de feuilles de labiées et de lames de feuilles de palétuviers tressées. Dans cette missive, un peu plus loin, il lut qu’un soir de fête, on le surprit lampant l’eau du lagon comme le font les bêtes, et aussi à la lueur d’un lampion tendant de la lavande à un lapin. Il préférait les larcins au latin. Se jetait dans l’eau des lavoirs pour faire crier les lavandières. Tantôt lauréat, tantôt lascar, mi larron aux landes mi sérieux aux lettres… Il avait appris à lire dans le grand Livre et récitait par cœur certains passages d’épîtres. Ce temps latent ne lui appartenait pas. Cet enfant ne le concerne pas.

 Un gosse, comme un autre, dans un monde compatissant sans tendresse. Un faire valoir pour cet homme de « Dieu ». Qu’a-t-il fait pour retrouver ses parents ? Petit enfant blanc aux yeux clairs dans cette Afrique si brune, il ne devait pas être si difficile de mener l’enquête.

« Mais non, le brave homme m’a élevé, dans son ombre de dévotion. Puis à l’occasion d’une maladie, m’a généreusement offert à une famille qui après m’avoir adoptée, s’embarqua pour Marseille. Quels sont mes souvenirs d’enfance? des blouses très moches obligatoires (qui me laminaient le cou) à l’école de la cité phocéenne et des railleries sur mon accent trainant, sur mon « père » commissaire et sur mon habitude de me déchausser. Des kermesses monumentales, des pièces de fins d’année et de la chorale de Noël. De cet œil noir interne, qui me brûlait. Toujours. D’avoir été malade et d’avoir subit des prises de sang hebdomadaires pendant un an ». Pensait-il.

Piano, foot, mauvais élève puis ado, il rêvait de devenir une Pop Star. Il avait une revanche à prendre et attendait son tour de mépriser les autres. Il fut bien accueilli dans ce clan proche et solidaire. Il enrageait d’accepter la faveur de leur amour. Sur le mur son regard s’arrêta sur un cadre au milieu duquel trônait cette famille posant devant la tour de Pise. Il ne l’avait jamais dit mais il ne s’était jamais senti des leurs. Sa grande taille et sa couleur de cheveux, dépareillaient. L’œil noir le poussait à haïr, et bien plus ceux qui l’aimaient. L’amour n’existe pas. Il fit sa vie : études, examens réussis, mariage, enfants, dégoût. Félicité n'est que  paresse. L’amour n’existe pas. C’est utopie de l’esprit. Un processus instinctif d’accession à la procréation.  Qu’est-ce une famille ? Espoir n’engendre que regrets.

L’appendice nasal de son individu s’était développé de façon malsaine lui mangeant  le visage. Lui le joli petit garçon, devint un colosse défiguré, ne se supportant plus. Il lui fallait de nouveaux défis. Il chercha l’Eden et partit vivre dans une tribu amazonienne, …OULA-OULALOUA ! …près de la nature, OULA-OULALOUA ! …impressionné par la sagesse des chamans, non érudits mais si savants. Ici, il a le sentiment de n’être rien, ou si peu de choses. La mort s’apprivoise. Il l’appréhende de plus en plus et tend à l’instant ultime. Pourquoi composer avec la grande absence ? Il a le sentiment de dépossession et d’aliénation. La solitude est le creuset de toutes ses émotions. Il voudrait faire abstraction des adultes, de leurs désirs et de leurs caprices. Il cultive l’évènement banal en chose merveilleuse et mystérieuse, puis bascule dans la passion. Pas mystique mais charnelle. Ici il ne se voit pas, son image n’est qu’un reflet, presque une illusion. Disparu, son œil. Enfin un endroit pour s’accepter parmi les autres, pour être en équilibre avec lui-même. Il trouve une pépite dans un torrent, ce qui déclenche chez lui l’irrésistible envie de refaire surface, de revenir à la civilisation.

 Il la tient sa revanche. Frénésie du retour. Tout lui manque. Retrouver la littérature, la philosophie. Pensée intrusive plongeant dans le tableau des Contes Barbares de Paul Gauguin et des êtres qui peuplent son imaginaire. La beauté doit tout au regard.  Sentiment de fuir la mort et de voler vers la vie comme dans « La naissance » de Marc Chagall. Il retrouvait enfin Rimbaud, Deleuze et la reconnaissance. La seule partance est en soi. Il compose, écrit et chante sa douleur tant contenue. L’œil est fixe. Il devient en quelques années la Star musicale rêvée. Il est admiré, poursuivit, écouté, adulé, épié. Il parait dans toute presse mais ne se livre vraiment jamais. Toutes portes lui sont ouvertes, il fréquente les plus grands,  les puissants, mais l’argent lui brule les doigts et les drogues son être. Un soir de trop. Coma, centre de détox, HP et le voilà là, sans revenu, sans énergie, oublié de tous, dans ce HLM de banlieue sordide du monde ouvrier où la promiscuité est la règle. LIronie est l’exquis mépris. Les cris, les odeurs, les petits qui jouent ou pleurent dans l’escalier, les jeunes qui saccagent, ne le touchent pas. Il est absent de sa propre existence. Il s’est épaissi, déplumé ; son aspect ne le perturbe plus. La lettre en main, il plonge dans un douloureux passé qu’un homme avant de mourir lui transmettait. Il avait dû suivre son chemin de loin ; sans juger. Ses yeux rougis cherchent une rémission : les étendues sauvages de pissenlits de Muret sous ses fenêtres lui permettent de souffler. Les dernières lignes l’informent que son père s’était perdu dans le désert et avait succombé à une morsure de serpent et que sa mère adolescente avait accouché, seule, debout au pied d’un arbre totémique. Son grand-père, travaillant pour l’EDF, fut nommé à la Rochelle. Sa famille originelle fut ignorante de cette tragédie. Il lut le nom et le prénom de sa mère : Cécile. Comme sa dernière fille. Au fait où est sa fille ? Où sont ses enfants, sa famille ? Il a trop perdu de temps. A cet instant, il est  celui qui voit.  Il sera présent pour elle et pour lui-même. Il se leva et pour la première fois se sentit léger et libre de sa propre prison. Il prit sa guitare et composa une série de nouvelles chansons dédiées à sa mère avec l’irrésistible envie de se rendre en Charente pour la connaitre.

Un homme qui se trompe  est un homme.

  Textes du neuvième atelier

Rêve du dimanche 22 août 

J’apporte le courrier à des gens qui ont une dizaine d’adresses différentes comme plusieurs numéros dans la même rue. Ce sont des commerçants. Au cours de la visite qu’ils me proposent,  de leurs habitations ; ils réveillent un cochon de lait qui dort dans un lit moelleux et sous une couette duveteuse, se le passe de bras en bras en disant : «  il est si mignon ». Puis on me propose : «  le voulez-vous dans les bras ? ». Je refuse alors nous allons voir les repas bios préparés dans des assiettes de terre cuisants  dans un four ouvert. Toutes les légumes que je n’aime pas semblent prêts à régaler toutes les autres personnes. Eric, un neveu,  qui n’est plus jeune,  a un œil qui tremble et me dit : «  l’important c’est la métaphysique ».

 

 

Haïku du rêve

L’œil bio cuit au four !

Cochon de lait fait trembler

La métaphysique

 

Haïku à partir du texte Schplaouch ! de C. Nougaro

 

Plongé en sortant

Dans la vie de ma mère

Tasse d’eau, bol d’air

 

Haïku à partir du texte Aube de Rimbaud 

 

Regard de pierre

Sentiers d’éclats de rire

 

Fleur, coq, et cime

Haleines vives, eau morte

Aux éclats d’Aube

 

 

Texte du dixième atelier

 

Vache qui rit sur Maroni

 

…nuit…le fleuve coule à nos pieds…bruits…près du feu, les hommes mangent bruyamment, sans sentiment…l’orage est passé…à l’écart du carnage, nos cœurs lourds s’enflent dans cette prison de nuit, spectateurs impuissants du semi-cannibalisme des habitants de ces bois. Silencieusement le fumet de ce macabre barbecue s’insinue dans nos narines. Les ténèbres me glacent le dos et la rage me brule la poitrine. Les singes hurlent, passent d’arbres en arbres comme alertés par l’assassinat de leur frère. La jungle, mouvante et bruissante offre à la vie nocturne une explosion de liberté. Spectateurs immobiles, dépités dans l’obscurité enveloppante, nous ne ressentons ni froid, ni chaud, ni faim, ni soif ; témoins hébétés d’une réalité sordide qui nous plombe, coincés en terrain hostile nos esprits galopent. Les feuillent bougent. Mon voisin a la force de tirer de son sac, une boite, à laquelle je ne prends guère attention. Mais la vue de cet élément insolite m’extirpe de ma léthargie. Loin de toute civilisation, il me tend une portion de vache qui rit, si triangulairement parfaite dans son habit métallique et cette bonne tête bovine rigolarde m’insuffle quelque réconfort. Oh ! merveille- parcelle d’enfance entre mes mains. Comme tant de fois, la petite tirette rouge entrouvre l’enveloppe d’argent et laisse entrevoir la belle texture laiteuse immaculée et par là-même mon tendre passé, tartiné au goûter, pioché par les jeunes mains sur le plateau de fromage familial. Petite vache qui rit, depuis si longtemps je t’ai dédaignée, quart d’humanité, merci d’exister. Mon ami le singe, espiègle compagnon de pirogue, joli capucin, si attendrissant, aux petites mains humaines et au regard intelligent est actuellement dévoré par les sympathiques takaristes qu’il avait amusés. Petite vache qui rit irradie mon palais, me rassure et  me rappelle qu’ailleurs, il y a d’autres mœurs.  

 

 

 Textes de Corinne B.

 

Du rififi dans la rate à Touille

 

Ça s’était passé comme ça, rien ne présageait ni le succès ni le drame.

Bon, moi c’est Bob, pas de famille et baladé de foyer en foyer car d’un naturel fugueur ;  je finis scratché dans la rue  où je connus mon pote Jo.     

Jo est un pur, polack ou bulgare, un truc du genre. J’l’ai kiffé dès le premier soir. J’venais d’sortir d’une baston où j’m’étais pris une mornifle en plein tarin. Tout caïd que j’étais, sans mon gang et sanguinolent, j’me tapais la honte de m’être fait dérouiller comme un bleu. Je zonais quai de la Daurade. Le bitume était luisant comme une peau de phoque, la nuit vidait les rues et le froid me gelait les crocs. J’cherchais un coin narpé pour coincé la bulle le temps d’me r’faire. J’reluc un mec qui l’avait trouvé en se réchauffant d’un micro feu. A son regard, j’l’ai senti aussi paumé et seul que mes zigs. Alors ça a tout de suite collé. Il était sapé comme un milord, costume noir et chaine en or, mais il créchait dehors. Il m’a soigné d’un mouchoir crasseux et puis il a jacté, jacté… je ne sais pas combien de temps car j’ai roupillé. Je me souviens juste du son de sa voix qui me réchauffait le cœur. Ch’suis pas une baltringue, on n’peut pas m’balader mais ça baignait entre nous. D’habitude les mielleux ça me tanne le cuir, mais Jo c’est un vrai gentil, attentionné, qui me cause même si je n’lui réponds pas, rapport au fait que je ne peux pas parler. Les autres, du coup, ils ne me considèrent pas alors que Jo, rien qu’à mes regards et aux sons que je lui lance, il interprète et continu sa jactance. Alors après la nuit passée côtes à côtes pour ne pas crever de froid, me demandant toujours si ce n’était pas un d’ces nazbrocs déjantés, je l’ai suivi jusqu’au Capitole. Le mec a sorti de son sac un violon et posé une casquette sur le sol à nos pieds.  Il s’la pétait pas car il dit  comme pour s’excuser : « tout le monde en jouer dans pays à moi ». Il m’a bluffé complet avec son aisance et ses mélodies. Un vrai cador mon pote. Les pièces tombaient et nous sommes vite allés au troquet où j’ai dévoré de balèzes croissants beurre.  Un p’tit Noël quoi. J’me suis dit, toi j’suis pas prêt de te lâcher, j’serai ton ombre et ton protecteur. Les jours se sont passés et les passants l’applaudissaient et nous, on se régalait.

Puis des rupins sont venus l’entretenir, dans un charabia et Jo les a suivis. Je l’attendais tous les jours dehors. Puis il a eu du pèze alors il a pris une piaule et pendant une année, c’est là que j’me la suis coulé pépère.

J’ai du flairé un os, car aujourd’hui je veux accompagner le magicien des notes. Jo, il dit pas non. Je poireaute à la sortie des artistes de la Halle aux grains ; puis j’esgourde du barouf à l’entrée principale : un car de flics déboule pour embarquer mon Jo. Je me déchaine et on me repousse. Rien à glander de moi les condés. Ils se tirent avec Jo. Puis un gars, entouré d’excités le soutenant, sort sans me remarquer. J’ai tout de suite compris que c’était lui l’ennemi. Alors je me suis précipité sur le cave, je lui ai réglé son compte. Son beau costume j’le mets en pièces. J’lui défonce l’estomac et la rate, j’lui laboure les chairs et lui bouffe son air. A terre, je le lâche car trop s’en mêle. En plein rififi, on essaye de m’alpaguer, en vain. J’entends des « monsieur Touille, monsieur Touille, répondez nous ».  J’me tire sans demander mon reste. Je me planque là où j’avais rencontré Jo. A l’affut, je l’attends, à nouveau sanguinolent.

                                                           

 Du point de vue de Jo

Pas parler bon français. Je arrivé France 2009. Sentir seul, pas savoir où aller. Dormir près fleuve à Toulouse et trouver Bob. Bob aimé moi et moi aimé Bob. Hiver froid pareil Sofia.  La nuit je couche contre pelage chaud. Réchauffer moi. Lui jamais tranquille. Accompagner moi faire manche et nous amis. Beaucoup de chance avec violon grand-père à moi.  Maintenant bien manger et avoir appartement depuis moi travailler orchestre du Capitole. Je photos à moi dans journal et programme. Je maintenant beaucoup d’amis musiciens. Mais moi toujours aimé promenade avec Bob. Lui jamais me déranger quand moi musique. Tous les jours joué Halle aux grains. Pendant un an tout bien passer mais moi remarquer toujours même homme, tousser quand moi commencé jouer. 

A chaque fois pareil, lui attendre violon moi glissandi ou pizzicati en solo, me regarder et tousser. Moi devenir fou. Parlé à collègues, à chef d’orchestre, eux dire pas être possible. Moi plus pouvoir concentrer. Mal à dormir. Repenser tout le mal de ma tête. Raconter tout à Bob, pourquoi quitter pays et famille à moi. Pas pour argent, pour punir moi. Moi faire le mal. A Sofia moi marié. Avoir un enfant. Moi pressé le matin, prendre voiture et reculé dans carton. Ecrasé carton. Mais dans carton, enfant à moi, caché pour faire surprise. Moi écrasé garçon à moi. Lui 3 ans. Lui mort ma faute. Femme dire moi assassin. Famille plus me parler. Justice rien me faire. Moi vouloir me punir. Partir avec violon, car violon pleurer dans musique. Douleur dans violon. Moi partir à pied pour ne plus être, ou souffrir. Arriver Toulouse et trouver humanité dans Bob, chien perdu. Lui et musique redonner un peu force. Quand moi jouer, jouer pour Elias. Moi retrouver lui. Moi être avec.

Dans Halle aux grains rien pouvoir faire. Homme s’appeler monsieur Touille et être abonné depuis très longtemps. Jamais avoir fait problème. Lui tout casser ma musique. Tout le monde dire, moi génie. Tous les autres musiciens applaudir, même aux répétitions. Moi fermer les yeux. Trouver Elias. Mais monsieur Touille lui tousse. Tous se lèvent et ovationnent mais monsieur Touille tousse.

Ce soir, spécial anniversaire naissance Elias. Bob doit le sentir. Dès le matin, lui mettre tête sur mon cuisse. Lui lécher ma main. Lui vouloir venir concert. Lui attendre dehors. Moi premier violon, entame le 24ème caprice de Paganini. Je retiens mon souffle. Ferme les yeux, pour toi Elias. J’entends tousser. Une toux forcée. J’ouvre les yeux vers bruit perturbateur. C’est monsieur Touille, toujours lui 2ème rang. Je arrête jouer et devenir dingue. Sauter dans la salle sur monsieur Touille. Taper de toutes mes forces et plus me souvenir. Embarquer par police. Dehors Bob veut venir. Police veut pas. Entendre dire Bob mordre monsieur Touille au ventre.

Quand, je sortir pas aller maison. Aller quai Daurade. Je sais Bob aller là-bas. Bob besoin de Jo. Demain reprendre route avec violon et Bob.

Partager cet article
Repost0
18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 16:05

Premier atelier (14 mai)

Je bourlingue à travers le lait tendre des lumières. Chemin de Canteloup, trou noir et perte d’équilibre, chute et bris divers, la terre, meuble et ocre, presque le goût du sang, s’invite à mes basques. Une halte. Les fibres du vieux banc de bois, rugueuses sous la fine peau de mes doigts, me réveillent. Du haut de la colline, au coucher de soleil, un peu de verdure comme un poumon que la gangrène urbaine gagne inexorablement et que j’ai du mal à quitter.

Je suis dans mon rêve, où mes pas me mènent, il existe ici, près des écluses un bas quartier de bohémiens où la belle jeunesse s’use à démêler le tien du mien. Mes pas me portent place Saint-Barthélémy, des effluves irradiants me tirent par le bout du nez. Puis m’éveillent les bruits de marelle de l’école maternelle où les arbres ont dépassé de beaucoup la tailles des enfants qui les ont plantés, il y a fort longtemps. Mais aujourd’hui, c’est maintenant !

 


 

Deuxième atelier (4 juin)

Thème : le passage (avec, pour contrainte, un passage obligé - dialogue tiré du Grand Passage de Cormac McCarthy :

Pourquoi t’es venu ici ?

Je ne suis pas venu ici. Je ne fais que passer.

L’homme tira sur sa cigarette. Moi aussi, dit-il. C’est pareil pour moi. )


Texte et photos de Corinne :

Voilà, ma journée est finie. Je file à La Cadène, retrouver Alice, ma chérie qui y loue une chambre d’étudiant. Il y a un étage pour les filles et un pour les hommes, je dois donc m’y faufiler en toute discrétion. Ah ! L’amour, ça me donne des ailes. Je tourne  au carrefour qui relie la voie rapide, la route de Baziège et le centre du village de Labège. Je quitte le trafic routier et son environnement sonore  et  me dirige par l’Occitane vers le lycée  où la verdure est déjà annonciatrice de bien-être. Je laisse ma voiture le long du self, afin de ne pas me faire remarquer. Je suis léger comme une plume. Je réfrène mon envie de chanter. Mince, un gars est là dans le soir tombant.  Il est trop tard pour faire demi-tour.  Il m’interpelle.

-         Pourquoi t’es venu ici ?

-         Je ne suis pas venu ici. Je ne fais que passer.

 L’homme tira sur sa cigarette. – Moi aussi, dit-il, c’est pareil pour moi.

-         C’est faux tu loges ici. Moi, je ne fais que passer !

-         Passer où ? La route s’arrête ici ! On peut y venir puis en partir, mais ce n’est pas un passage.

-         Mais tout est passage, la vie est un passage. Cette entrée est un passage.

-         Tu fais  psycho , ou quoi ?

-         Dis donc, tu commences à me plaire…

               Un silence assourdissant se jeta entre nous. Je fis quelques pas sans trop m’éloigner du bâtiment car la nuit était tombée et la présence de cet homme devenait  pesante. D e temps en temps, furtivement je l’observais. Très carré, la trentaine, il fumait rageusement en tenant  sa cigarette le poing fermé. Il faisait frais et l’homme ne semblait pas vouloir bouger.  Le règlement est strict, si on me voit entrer  dans la chambre d’Alice, elle peut  être renvoyée.

            Deux jeunes s’approchèrent, regardèrent  l’homme avec insistance puis passèrent leur chemin. Une voiture lentement  se gara face à l’homme, fit des appels de phares mais mon voisin resta immobile adossé au mur. Visiblement, j’étais de trop. N’aimant pas les problèmes, je m’éloignais.

-         Salut, lançais-je.

-         Salut, bougonna t-il en éjectant son mégot à terre.

               L’idée me vient d’un autre passage à l’opposé. J’entreprends donc de faire le tour du bâtiment en forme de U en le contournant. Je marche dans la nuit, un train de marchandises fracassa le calme.  Je n’y vois rien et me guide entre le mur en crépi et la butte herbeuse qui longue la voie ferrée. Demain c’est la fête des mères, j’irai voir maman. Les herbes sont hautes et humides. J’imagine Alice se brossant les cheveux comme chaque soir puis se les tressant  telle une indienne. Je vais évidement  louper ce moment magique, si plein de sensualité et de douceur.  J’accélère la cadence, j’aimerai pouvoir chanter, mais il me faut rester discret.  Voilà le deuxième angle dépassé et j’aperçois la forme sombre de la serre.  Le prochain angle est légèrement éclairé par la cour. Je pense alors que j’ai oublié mon sac dans la voiture. Tant pis. Ce soir Rolland Garros est sur la 2 et Alice n’a pas la télé.  Je m’étonne moi-même de choisir de ne pas voir les matchs et préférer vivre ce gymkhana pour les beaux yeux d’Alice. Encore dans la pénombre, je sors mon portable et joins Alice.  C’est le répondeur…

-         Allo, ma déesse, j’arrive. Dernière longueur, je touche au but. Je longue la façade, tous les volets sont fermés. Personne ne  se trouve près de la porte mais des voix et des cris me parviennent.    

                    Je cours mais juste devant la porte, mon téléphone sonne et sa mélodie stridente me semble une trahison dans ma stratégie de passer inaperçu.  Une bande d’excités sortent de je ne sais où et en moins de temps qu’il ne le faut pour le dire, l’homme à la cigarette m’alpage violement  en vociférant. Un autre, au nez cassé attrape mon portable et le fracasse à terre. Je reçois des coups.  Je ne perçois plus les visages mais le bas de jeans et de  volumineuses Caterpillar qui s’enfoncent dans mes côtes. Quelques volets s’ouvrent et j’en profite pour m’échapper.  Je repars en direction de la serre, la dépasse, grimpe le monticule herbeux et commence à courir le long de la voie.  Je pense que la bande a abandonnée lorsque j’aperçois l’un deux  à une dizaine de mètres. Puis un second. Et puis les deux autres. Je voudrai m’expliquer mais mon instinct me dit de filer. Je redescends en direction du village à travers champs, passe le rond-point puis emprunte en courant le chemin du collège Périgord. Je fais une halte, haletant près du Tricou mais la bande est toujours à mes trousses et me pousse à déguerpir. Si je trouve une maison ouverte, j’y  demanderai asile. La rue du Bardou, me fit penser à mon grand-père qui aimait me donner l’origine des noms.  Je traverse la place et pénètre dans les jardins de la maison Salvan qui est jonché de fenêtres. Je n’ai pas le temps d’y réfléchir. J’aurai préféré des portes, des portes ouvertes sur une aide.  Je me faufile dans l’impasse du Moulin à Pastel, si vivante avec au plein milieu un escabeau et plus loin un jouet d’enfant. Mais où est ce petit et où est ce bricoleur ?  Ma respiration est si forte que je redoute qu’elle ne me fasse repérer. Je passe une manche sur mes yeux pour éponger la sueur qui me trouble la vue. Enfin, j’essaye d’écouter les indices sonores de mes poursuivants. Je n’entends que mon cœur qui bat et au loin une famille qui joyeusement dessert la table. J’envie leur insouciance. Au 13 de la rue de l’Ancien Château, je trébuche devant la maison aux volets bleus, fais une pause au 17 au pied d’un portique aux deux boules blanches puis au 19 à l’angle de la rue d’Occitanie, mes pieds s’enfoncent dans l’asphalte fraichement étalée.  Je file à travers les logements HLM, m’engouffre dans le souterrain et me traine jusqu’au centre commercial, désert à cette heure ci. Miracle un bus s’arrête, et je m’y engouffre.  Le chauffeur doit me demander si tout va bien ; et lorsqu’il tourne route de Labège,  j’aperçois au loin l’homme et sa bande. Que me voulaient-ils ? Que faisaient-ils ?

                    Je me dirige vers Toulouse.

Et mon esprit se vide. Tant d’idées se sont imposées en plein action suivant le tempo de mon activité physique.  Avachi sur la banquette, me laissant balloter, mon rythme cardiaque en pleine accalmie, une seule pensée me vint ; en fait, c’est ce soir que je souhaiterai la fête des mères.



  Troisième atelier (11uin)

Thème :  Une légende à l'aune de la prolifération du mot

   

Labège a été ainsi nommée au Moyen Âge par contraste avec Toulouse, sa voisine, déjà ville de briques roses. La Beige semblait très beige grâce à ses sols argileux et ses maisons de pierres et de charpi mi paille, mi argile, disséminées au coeur des champs blonds de blé.

Au XVI ème siècle, les proverbes:
"les grands boeufs ne font pas les grands labours"
et
"Il n'y a point de plus sage abbé que celui qui a été moine"
sont nés à La Beige.
Alors qu'à la même époque Louise Labé affirmait:
"Quelque rigueur qui loge en notre coeur. Amour de La Beige s'en peut un jour rendre vainqueur."
Puis le 25 juillet 1794, les dernières paroles d'André Chénier au pied de l'échaffaud, place St Barthélémy (un comble) ne furent -elles pas:
" Pourtant j'avais quelque chose là."
Au XXème siècle Sylvie Germain lançait:
"Il n'y avait que des là-bas, insituables autant qu'infranchissables et des demains à Labège béants de peur."

Il faut savoir que Labège vient de
Labeige, La beige. La ville beige.
Beige, bis, sable
Beigeasse
Beigeâtre
Beigne- giffle, beignet
bejaune- blanc-bec, niais
Bêler
Bégueter
Label-marque, étiquette
Labeur- besogne, activité
Labour- culture
Labourable...



Texte du cinquième atelier :
 dialogue en tranches

  • - A Labège ? Pas possible !
  • - Oui, je te dis que c’est un arrêté préfectoral qui interdit toutes sorties des Labègeois : l’évadé de Muret rôde dans les proches alentours.
  • - Attends, je vais fermer mes fenêtres…
  • -… Moi aussi.
  • - Allo, tu es là ?
  • - Oui, j’ai même fermé les volets du rez-de-chaussée.
  • - Tu as lu ça où ?
  • - Ça vient de passer au journal  télévisé et les voitures de police circulent avec des mégaphones pour nous intimer l’ordre de ne pas sortir. J’espère qu’à 17h, ils l’auront trouvé.
  • - Moi aussi, sinon, on fera comment pour aller chercher les gosses ?
  • - Il parait qu’il est passé par la voie ferrée.
  • - Comment ce fait-il qu’un homme puisse arriver à perturber ainsi toute une région ?
  • - Est-il dangereux ?
  • - S’ils déploient tant de force de police, ça ne doit pas être un tendre.
  • - Violeur, assassin, braqueur…
  • - Terroriste ?
  • - Qui sait ?
  • - Déjà avec l’histoire du cerf-volant, Labège avait déjà fait les gros titres…
  • - Le fils de la maîtresse de CP.
  • - Laisser son gosse jouer au cerf-volant près des lignes à haute tension, c’est vraiment irresponsable.
  • - T’imagine la tête des gens  quand ils ont vu ce cerf-volant en feu s’abattre sur leur péniche…
  • - … et commencer à l’enflammer.
  • - Quand on ne surveille pas ses enfants…
  • - Puisque je suis coincée là, je vais en profiter pour faire de la couture.
  • - Du reprisage ?
  • - Mais, tu ne sais pas que mon fils ainé se marie le 20 juillet prochain ?
  • - Celui de ton 1er mariage ?
  • - Oui,  enfin, Je n’y croyais plus après toutes ces années,  militaire célibataire. …
  • - Et  la lettre du corbeau, tu en as des nouvelles ?
  • - Tu penses, c’est  Colette l’employée de mairie qui me tient au courant. Dans sa dernière lettre, il menace de braquer l’agence postale.
  • - Dans celle d’avant il voulait mettre le feu à la maison Salvan pour réaliser une « sublime » œuvre d’art !
  • - Des détraqués de partout, je te dis !
  • - Il faut penser à autre chose. Autrement, quoi de neuf ?
  • - Je suis entrain de faire des bocaux de tomates.
  • - Cette année, des tomates, on en a eu à ne pas savoir qu’en faire.
  • - N’empêche qu’avec le clocher à terre à cause de la tempête, nos impôts locaux vont en prendre un coup !
  • - Que veux-tu c’est la vie.
  • - Mon Dieu, on frappe à la porte !
  • - N’ouvre pas !
  • - Je te laisse…
  • - Ne raccroche pas !
    - On force ma porte. Au secours !

    Sixième atelier  :
    microfiction au conditionnel

    A sa descente du train, elle ne pensait pas être accueillie de la sorte : son mari furieux, deux claques, des valises balancées, ses clefs arrachées, des insultes ; puis elle, sur le quai, hagarde, bousculée par des voyageurs indifférents au drame, qui chancelait. Elle aurait pu pleurer, se révolter, demander de l’aide, mais la lassitude la tétanisait.

     

    Elle chercherait un hôtel pour se poser mais elle s’engouffra dans le premier petit restaurant venu. Au comptoir, un homme aux lunettes carrées, adossé à un mur de faïence craquelée, jouait machinalement avec sa petite cuillère. Plus loin, des rangées de tables recouvertes de papier gaufré furent traversées par une serveuse du genre déluré, arborant un tee-shirt moulant branché décoré de l’image d’un boxeur avec un casque de cuir, ne cadrant pas avec le lieu. Une vielle femme seule devant son assiette vide improvisait un dialogue en tête à tête avec un homme imaginaire. Elle semblait régler ses comptes mais n’oubliait pas de un nouveau carafon de vin lorsque le sein était vide. L’endroit semblait figé dans le temps.

    Sa tête résonnait encore des paroles de son mari. Elle trouverait une place au fond de la salle. Sur la nappe en papier, elle se surprit à dessiner tel un pantin. Ses paupières étaient lourdes, prêtes au doux sommeil. Elle n’avait jamais connu pareil querelle, ni tant de haine pour la mettre dehors. Ses parents habitaient en rase campagne, elle ne pourrait pas s’y rendre avant le lever du jour. Elle devra se débrouiller pour la nuit. Son horizon lui paraissait bouché lorsqu’elle s’évanouit. Dans un semi coma, elle percevait des éclats de voix mais voyait la tête de son mari, les yeux révulsés et le visage contracté par la rage, s’approcher menaçant. Elle se réveillerait dans un cri. Le patron se pencherait sur elle et lui demanderait : Ça ne va pas ma petite dame ? Ici, il n’y a rien à craindre. Je vais bientôt fermer, mais je ne vous mets pas dehors. Je ne veux rien savoir, mais je vois bien que ça ne tourne pas rond. Prenez mon restau comme refuge, il y a un vieil édredon dans le débarras poussiéreux derrière la cuisine. Avec ma fille nous dormons à l’étage. Vous serez tranquille.

    Elle aurait pu remercier.

    Elle aurait dû s’excuser du dérangement provoqué.

     Allez, demain, ça ira mieux devant une bonne tasse de café !


    Texte du septième atelier :

    Le parti pris des choses

          Il me faut du recul alors j’avance… ramasser cette branche. Ce bois noueux, « vieille branche », bannie à tout jamais de branchitude, jusque là esthétique et génératrice, elle se retrouve à terre dédaignée de tous. Tas de bois, peuplier tu fus et tu ne seras ni flèche, ni fuseau, au mieux pâte à bois. L’homme scie la branche de sa propre essence. Ce peuplier était-il un tremble aux yeux et bourgeons de vertus diurétiques, antiseptiques, toniques et astringentes ; et au charbon de bois soulageant l’aérophagie et les fermentations intestinales. Le sais-tu, toi qui l’as abattu ?  Le peuplier fut souvent planté à la place du chêne comme arbre de la liberté, grande valeur de notre république.                                                          En Andalousie, on dit que c’est le plus ancien des arbres. Son nom latin est populus, il porte en lui les germes du peuple à défaut d’en porter les espérances, alors qu’il n’est ni populiste, ni populeux.                       A Rome, il tire son nom du lieu où il était planté : les lieux publics, là où vaquait la population.           En Grèce, les  Héliades, filles d’Hélios le soleil, furent transformées en peupliers et à Rome, il est l’arbre d’Hercule car il revint de son voyage des Enfers en portant sur la tête une couronne de peuplier et c’est de sa flèche que naquît le symbole du passage d’un monde à l’autre, d’où son rôle funéraire.                                                                                                                                                            Dans notre monde axé sur la gestion durable, il aurait pu vivre 400 ans. En décapitant ce géant, porteur de nids et de vie, on a touché au divin et au peuple, à la médecine et au vivant. On a porté atteinte à l’humain. Hier un tout, aujourd’hui, un tas de rien. Et demain ? jouet, cagette, charpente ou cahier mais ni âme de violon, ni didgeridoo et ni meuble précieux.
    « Où vont nicher, les habitants de mes branches ? J’ai aimé la dame qui, l’air peiné de ma disparition, s’est baissé pour ramasser une petite partie de mon être, moi qui n’est plus.                                         S’il vous plait, prévenez ma famille : les salicacées. Mes feuilles à pétioles et mes inflorescences mâles à l’apparence de chenilles ne flotteront plus dans le vent et  je ne protègerais plus l’humain du soleil et de la pluie. Nous qui étions avant les hommes, nous ne leurs survivrons pas. C’est ce qu’on appelle la civilisation ! » 

    Il me faut du recul alors j’avance… ramasser cette branche. Ce bois noueux, « vieille branche », bannie à tout jamais de branchitude, jusque là esthétique et génératrice, elle se retrouve à terre dédaignée de tous. Tas de bois, peuplier tu fus et tu ne seras ni flèche, ni fuseau, au mieux pâte à bois. L’homme scie la branche de sa propre essence. Ce peuplier était-il un tremble aux yeux et bourgeons de vertus diurétiques, antiseptiques, toniques et astringentes ; et au charbon de bois soulageant l’aérophagie et les fermentations intestinales. Le sais-tu, toi qui l’as abattu ?  Le peuplier fut souvent planté à la place du chêne comme arbre de la liberté, grande valeur de notre république.                                                          En Andalousie, on dit que c’est le plus ancien des arbres. Son nom latin est populus, il porte en lui les germes du peuple à défaut d’en porter les espérances, alors qu’il n’est ni populiste, ni populeux.                       A Rome, il tire son nom du lieu où il était planté : les lieux publics, là où vaquait la population.           En Grèce, les  Héliades, filles d’Hélios le soleil, furent transformées en peupliers et à Rome, il est l’arbre d’Hercule car il revint de son voyage des Enfers en portant sur la tête une couronne de peuplier et c’est de sa flèche que naquît le symbole du passage d’un monde à l’autre, d’où son rôle funéraire.                                                                                                                                                            Dans notre monde axé sur la gestion durable, il aurait pu vivre 400 ans. En décapitant ce géant, porteur de nids et de vie, on a touché au divin et au peuple, à la médecine et au vivant. On a porté atteinte à l’humain. Hier un tout, aujourd’hui, un tas de rien. Et demain ? jouet, cagette, charpente ou cahier mais ni âme de violon, ni didgeridoo et ni meuble précieux.
    « Où vont nicher, les habitants de mes branches ? J’ai aimé la dame qui, l’air peiné de ma disparition, s’est baissé pour ramasser une petite partie de mon être, moi qui n’est plus.                                         S’il vous plait, prévenez ma famille : les salicacées. Mes feuilles à pétioles et mes inflorescences mâles à l’apparence de chenilles ne flotteront plus dans le vent et  je ne protègerais plus l’humain du soleil et de la pluie. Nous qui étions avant les hommes, nous ne leurs survivrons pas. C’est ce qu’on appelle la civilisation ! » 

 

Partager cet article
Repost0