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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 22:24

Texte de Corinne B

Le trille de l’électron libre 

 Courrier.
Il était las, là, laminé en découvrant ses origines, languissant d’en savoir plus. Il fallait maintenant lâcher prise, perdre l’habitude de tout contrôler. Cette photo de lui à 2 ans, prise dans une ladrerie, un lagotriche accroché sur l’épaule près d’un lac, l’interpellait. Quel était l’abbé sur cette vieille image sépia qui l’entraina, lui sans label dans sa tour de Babel, dans le sillage de sa vie offerte, de labeur. De sa mémoire labile, il comblait grâce à cette lettre,  à l’écriture tremblante, un coin de sa vie : il le découvrit en larmes dans les laiterons, le transporta dans un berceau de feuilles de labiées et de lames de feuilles de palétuviers tressées. Dans cette missive, un peu plus loin, il lut qu’un soir de fête, on le surprit lampant l’eau du lagon comme le font les bêtes, et aussi à la lueur d’un lampion tendant de la lavande à un lapin. Il préférait les larcins au latin. Se jetait dans l’eau des lavoirs pour faire crier les lavandières. Tantôt lauréat, tantôt lascar, mi larron aux landes mi sérieux aux lettres… Il avait appris à lire dans le grand Livre et récitait par cœur certains passages d’épîtres. Ce temps latent ne lui appartenait pas. Cet enfant ne le concerne pas.

 Un gosse, comme un autre, dans un monde compatissant sans tendresse. Un faire valoir pour cet homme de « Dieu ». Qu’a-t-il fait pour retrouver ses parents ? Petit enfant blanc aux yeux clairs dans cette Afrique si brune, il ne devait pas être si difficile de mener l’enquête.

« Mais non, le brave homme m’a élevé, dans son ombre de dévotion. Puis à l’occasion d’une maladie, m’a généreusement offert à une famille qui après m’avoir adoptée, s’embarqua pour Marseille. Quels sont mes souvenirs d’enfance? des blouses très moches obligatoires (qui me laminaient le cou) à l’école de la cité phocéenne et des railleries sur mon accent trainant, sur mon « père » commissaire et sur mon habitude de me déchausser. Des kermesses monumentales, des pièces de fins d’année et de la chorale de Noël. De cet œil noir interne, qui me brûlait. Toujours. D’avoir été malade et d’avoir subit des prises de sang hebdomadaires pendant un an ». Pensait-il.

Piano, foot, mauvais élève puis ado, il rêvait de devenir une Pop Star. Il avait une revanche à prendre et attendait son tour de mépriser les autres. Il fut bien accueilli dans ce clan proche et solidaire. Il enrageait d’accepter la faveur de leur amour. Sur le mur son regard s’arrêta sur un cadre au milieu duquel trônait cette famille posant devant la tour de Pise. Il ne l’avait jamais dit mais il ne s’était jamais senti des leurs. Sa grande taille et sa couleur de cheveux, dépareillaient. L’œil noir le poussait à haïr, et bien plus ceux qui l’aimaient. L’amour n’existe pas. Il fit sa vie : études, examens réussis, mariage, enfants, dégoût. Félicité n'est que  paresse. L’amour n’existe pas. C’est utopie de l’esprit. Un processus instinctif d’accession à la procréation.  Qu’est-ce une famille ? Espoir n’engendre que regrets.

L’appendice nasal de son individu s’était développé de façon malsaine lui mangeant  le visage. Lui le joli petit garçon, devint un colosse défiguré, ne se supportant plus. Il lui fallait de nouveaux défis. Il chercha l’Eden et partit vivre dans une tribu amazonienne, …OULA-OULALOUA ! …près de la nature, OULA-OULALOUA ! …impressionné par la sagesse des chamans, non érudits mais si savants. Ici, il a le sentiment de n’être rien, ou si peu de choses. La mort s’apprivoise. Il l’appréhende de plus en plus et tend à l’instant ultime. Pourquoi composer avec la grande absence ? Il a le sentiment de dépossession et d’aliénation. La solitude est le creuset de toutes ses émotions. Il voudrait faire abstraction des adultes, de leurs désirs et de leurs caprices. Il cultive l’évènement banal en chose merveilleuse et mystérieuse, puis bascule dans la passion. Pas mystique mais charnelle. Ici il ne se voit pas, son image n’est qu’un reflet, presque une illusion. Disparu, son œil. Enfin un endroit pour s’accepter parmi les autres, pour être en équilibre avec lui-même. Il trouve une pépite dans un torrent, ce qui déclenche chez lui l’irrésistible envie de refaire surface, de revenir à la civilisation.

 Il la tient sa revanche. Frénésie du retour. Tout lui manque. Retrouver la littérature, la philosophie. Pensée intrusive plongeant dans le tableau des Contes Barbares de Paul Gauguin et des êtres qui peuplent son imaginaire. La beauté doit tout au regard.  Sentiment de fuir la mort et de voler vers la vie comme dans « La naissance » de Marc Chagall. Il retrouvait enfin Rimbaud, Deleuze et la reconnaissance. La seule partance est en soi. Il compose, écrit et chante sa douleur tant contenue. L’œil est fixe. Il devient en quelques années la Star musicale rêvée. Il est admiré, poursuivit, écouté, adulé, épié. Il parait dans toute presse mais ne se livre vraiment jamais. Toutes portes lui sont ouvertes, il fréquente les plus grands,  les puissants, mais l’argent lui brule les doigts et les drogues son être. Un soir de trop. Coma, centre de détox, HP et le voilà là, sans revenu, sans énergie, oublié de tous, dans ce HLM de banlieue sordide du monde ouvrier où la promiscuité est la règle. LIronie est l’exquis mépris. Les cris, les odeurs, les petits qui jouent ou pleurent dans l’escalier, les jeunes qui saccagent, ne le touchent pas. Il est absent de sa propre existence. Il s’est épaissi, déplumé ; son aspect ne le perturbe plus. La lettre en main, il plonge dans un douloureux passé qu’un homme avant de mourir lui transmettait. Il avait dû suivre son chemin de loin ; sans juger. Ses yeux rougis cherchent une rémission : les étendues sauvages de pissenlits de Muret sous ses fenêtres lui permettent de souffler. Les dernières lignes l’informent que son père s’était perdu dans le désert et avait succombé à une morsure de serpent et que sa mère adolescente avait accouché, seule, debout au pied d’un arbre totémique. Son grand-père, travaillant pour l’EDF, fut nommé à la Rochelle. Sa famille originelle fut ignorante de cette tragédie. Il lut le nom et le prénom de sa mère : Cécile. Comme sa dernière fille. Au fait où est sa fille ? Où sont ses enfants, sa famille ? Il a trop perdu de temps. A cet instant, il est  celui qui voit.  Il sera présent pour elle et pour lui-même. Il se leva et pour la première fois se sentit léger et libre de sa propre prison. Il prit sa guitare et composa une série de nouvelles chansons dédiées à sa mère avec l’irrésistible envie de se rendre en Charente pour la connaitre.

Un homme qui se trompe  est un homme.

 Texte de Cécile D.

Les cris crispants du curé castrat catapulté à l'accueil de son croquant cul clair ; les quatre coups de cloche claironnant comme au combat, quelle cacophonie catastrophée !

Telle une torpille tremblotante, sa tête tentait une traversée tonique du Très Terrible Ténébreux Tunnel...
Vite, la voilà ! Visiblement victorieuse du violent voyage, elle vociférait, vigoureuse, virulente, Vivante. Ah mais quel vivifiant vagabondage ! pensa le curé, exténué par l'inopinée arrivée nocturne du villageois bébé.

Tap. Cul nu la fessée. Elle pouvait crier aaaah, mais ne couvrait pas les hurlantes poussées de l'ivrogne voisine. Foyer amer.
Va, cours vole vagabonde, Fripouille de Chapardeuse ! Ton école est la rue, je sais.
Le clochard du pont, imperturbable, immuable. Au fil des années, un repère, même, un rassurant copain.
L'immeuble flambant neuf du bout du quartier, témoin clinquant des années qui passent.
A 14 ans, miracle inouï, elle lut Sartre, sa Nausée. Révélation !...Elle décida alors, furieusement, de vivre chaque instant pleinement, égoïstement, vertement.
Badaboum. Ciao Papa, Ciao Maman, Ciao la compagnie. Vlam, elle claqua la porte.

La peur ? Existait pas. Un territoire ? Un livre ouvert. Europe Asie Afrique Amérique, des continents abstraits devenaient réels.
Elle explorait l'infini possible des lignes de fuite. Sur son visage, des signes, hors champ.
A 16 ans, l'expérience du corps informe, disloqué. La furie folle des soirées. Les Aubes étaient navrantes.
"O que ma vie éclate !" pensait-elle. "La lune est atroce le ciel est amer. Que j'aille à la mer !"
Mais chopchip, si la chute est possible, la rédemption l'est aussi. Elle découvrit enfin la camaraderie, la confiance en autrui. Comme un vitrail usé qu'on nettoie, la lumière entra, et elle dépoussiéra son nez, ses yeux, et ses sens aiguisa.
Elle sentit les épis de blé d'orge et de colza. Elle dormit dans des tentes de fortune, elle dompta sa peur de se perdre.
Car qui n'a pas de peur ne connaît pas le reproche.
Elle vécut ainsi des années lumières, harmoniques. Entourée de fééries elle était : ivoire poudres d'or ou encens. Elle expérimentait, beaucoup.
Elle se mit au blues, à l'orgue hammod et à la magie des rythmes vibrants et transportants des percussions.
Tchinglitiboumbatchada.

Puis, sans logique aucune, ce qui était celle de sa vie, elle se trouve fascinée par l'Ethnologie. Mue par le désir d'amour des peuples, elle traversa la jungle tropicale, affronta climat et dangers et bestioles, et s'installa dans une petite tribu d'Amazonie, trésor caché.
Elle vécut à l'heure des singes hurleurs et des piripiri. Le silence est un leurre pour qui a des oreilles. Chuuuuut...
Exaltants moments, petit est le bonheur, grand est le souvenir !
Mais la nature de l'homme est lassante. Encore, la même rengaine : "J'en ai marre, je m'ennuie".
Et comme ça, pfiut, elle partit, encore, reprit ses pérégrinations et son inconnu, et se retrouva au bord de la Vistule.

Telle un fantôme puissant, elle réintégra le monde occidental, fortes de ses superstitions enchantées. Désarmée, oh non elle n'était pas !
Elle battit la mesure, tictactictac, et s'envola trafiquer illicite. Elle engrangea, engrangea... Magie ? Miracle ? Science apprise par une école originale et hors norme ? A 50 ans, elle se trouva fortunée. Bien aiguillée, inspirée, elle s'empara du mystérieux monde de l'informatique.
Que si que si ! Et bien lui en prit : elle n'eût bientôt plus besoin de travailler, chaloumchaloum...

En voilà une qui s'en tira donc à merveille. Oubliés les infects premiers pas, la chute fut un saut fulgurant dans les nuages cotonneux de la sérénité trouvée. Jusqu'à quand ?

 Texte de Bérengère

Voici le vécu d’un vaurien vacciné de la vacuité de sa vie, qui, voluptueusement vautré dans ses vêtements du vendredi, vomit, telle une verrue velue, un visage de lui qu’il voudrait véridique et qui n’est que vaine vanité : le vernis- vitrail tel un voile vespéral, qui, vaille que vaille, veillerait à faire valider des vicissitudes dignes d’un vidéo- clip comme étant le voyage vertueux d’un va -nu-pied valeureux.

« Etre ou ne pas être telle est la question ? ». « Toute société qui prétend assurer aux hommes la liberté doit commencer par leur garantir l’existence ». Foin d’une interruption de grossesse puisque non encore légale. Il était l’ultime soldat d’une armée de vaincus. Rrrrrra ! Fruit d’un amour sans nul pareil et pourtant exprimé de la façon la plus commune possible. Pouah, on naît de peu de choses. On est peu de chose.

« Les défaites de la vie conduisent aux plus grandes victoires ». « Et, à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ». Sa volonté indéfectible lui apporta le sésame ouvre - toi qui lui permit, de pénétrer l’antre du monde, la caverne de l’espérance. « Dans un voyage, le plus long est d’arriver à la porte ». Toc, toc, il y a quelqu’un ?

Sa lente maturation ne fut qu’une question de patience, de persévérance et de beaucoup de travail. Han, Han, Han : vas- y que je pousse, vas-y que je te pousse ! « Qui veut la fin veut les moyens », « Patience et longueur de temps font plus que rage ni courage ». « Il ne faut cesser de s’enfoncer dans sa nuit, c’est alors que la lumière se fait ». C’est ainsi que l’heure de sa naissance arriva, sans coup férir, en parfaite osmose avec l’horloge biologique de sa mère. Ce qui n’eut pas l’heur de lui faire si plaisir que ça ! Ahhh ! Sortez -le de là !!!!

Mais la vie, vieille prostituée, l’avait trahi avant qu’il n’eut la capacité et le temps de dire ouf ! Un stupide attentat. Pschitttt : à peine le temps de se mettre à marcher. Il bascula dans l’abîme impitoyable des oubliés de l’amour. Ses parents venaient de disparaître. Oups. « Dans le noir, toutes les couleurs s’accordent ». Un merveilleux hasard le mit en présence d’un homme, un géant mélomane, un ogre de tendresse chaussé de bottes de Sept Lieues pour mieux lui faire découvrir la musique, la littérature, la tendresse. La paternité tout comme « la parole exsudante d’amour n’avait pas été donnée au commissaire, il l’avait prise de force » devant ce petit être sans défense qui lui tendait les bras. « Mais un fils est un créancier donné par la nature ».  « Et la bêtise insiste toujours ». Il se jeta donc à corps perdu, pousse - toi de là que je m’y mette, et non à son corps défendant dans tous les plaisirs que lui permettait son adolescence : sport à outrance, filles à gogo. Hay Téquila ! Vaste programme ! Et, mama mia !!! La suite fut prévisible, en un mot inévitable : il rata son bac. Alors, il prit le suivant et s’embarqua pour l’aventure. L’envie lui était venue de s’expatrier : « les voyages forment la jeunesse » et « l’homme absurde est celui qui ne change jamais ».

 La métropole malgré son apparence cosmo polie n’avait pas grand chose d’exaltant ou d’ébouriffant à offrir. Comme pour son cousin pas si lointain, il aurait été plus juste de lui accoler Nord et, surtout, de la doter d’un bonnet, circonflexe bien sûr, Brrrrrr ! Les mentalités étaient  très fermées, coincées : des visages- prisons, des pensées inatteignables, chacun pour soi et tous côte à côte mais jamais ensemble « Homme si tu es quelqu’un, va te promener seul, converse avec toi-même et ne te cache pas dans un chœur ». « Le silence a dit quelqu’un est une vertu qui nous rend agréable à nos semblables ». C’est cela ! Oui… mais à petite dose, toute petite, sinon gare à l’overdose : Paroles, paroles et paroles…. Il était en manque. Sensation d’étouffement. Intense solitude. Alors, départ pour Los Angeles : vroum, vroum et une voiture de police emboutie par ses soins sur le Highway ! Re départ, cette fois,  sous bonne escorte en remorqueur direction le poste de police le plus proche. Etant doté d’un anglais plus qu’approximatif, merci l’école buissonnière, cette expérience fut mémorable. Nul doute qu’il ait été confondu pour un narco trafiquant ou un narco dit l’heure quand il demanda combien de temps durerait sa garde à vue. « Que 10 coupables échappent à la justice, plutôt que souffre un seul innocent ». « Mais expérience n’est –il pas le nom dont les hommes baptisent leurs erreurs «  !

 De retour dans le foyer familial au bord de « la mer, qu’on voit danser le long des golfes clairs a des reflets d’argent, la mer… » , sous la tendre vigilance d’une mamie gâteau, mamie confitures, seul recours possible, l’attaque en force  : Conservatoire, Ecole Boulle, Paris marathon Roller, rien n’échappait à ce boulimique de notes et de médailles : « à la recherche du temps perdu » peut- être ? « On est rarement maître de se faire aimer, on l’est toujours de se faire estimer ».

Surtout, il se mit à mélodiser, à improviser, entremêlant les rythmes, entrelaçant les styles, prit d’une frénésie, une faim inextinguible d’une langue universelle, d’une Babel enfin atteignable, s’exprimant à travers les douces calligraphies et arabesques des portées. « La musique, c’est du bruit qui pense ». C’est l’interpénétration des cultures : européennes, africaines, polynésiennes, canadienne…. Vers l’infini et au-delà…. Enfin, la vie en technicolor et en son stéréophonique !

 Cela n’empêcha pas la venue d’images fugaces, autant de désirs trop longtemps retenus, contenus,  de frustrations jusque là inavouées, autant de coffres à secrets qu’il s’était efforcé d’oublier dans un recoin poussiéreux de son grenier à pensées. « Le temps ne s’occupe pas de réaliser nos espérances ; il fait son œuvre et s’envole ».

 « Au temps suspend ton vol » le supplia-t-il alors en vain. Mais rien n’y faisait, une tristesse l’envahissait au crépuscule, irruption de l’insondable ébranlant les fondations tenues de sa fragile personnalité. Il pensait à ses frères endormis qu’il apercevait alors par la porte laissée entrebaîllée de sa chambre ou peut – être était- ce le léger ronflement de leur respiration régulière qu’il percevait. Quand, soudain, dans un fracas de tous les diables, deux hommes armés faisaient irruption dans la maisonnée assoupie. Tchac, tchac, tchac … Réveil brutal en hurlant.

« Le bonheur n’est jamais immobile ». Ce non - souvenir ne cessait de venir le hanter sans doute parce qu’il avait été amputé d’une partie de ses racines le jour où ses parents avaient disparu et qu’il craignait intensément que la fratrie ne se disperse à tout jamais, telle des semailles rétives sous le souffle impétueux d’Eole.

« C’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière ». Et, « il y avait loin de la coupe aux lèvres ». Il ne s’agissait pas de prémonitions mais simplement d’une blessure à vif, d’une plaie béante, nourriture fantasmagorique ébranlant sa conscience devenue mamelle gorgée, engorgée, suintante de cette brûlante et purulente sève. Fini l’auto gavage. « L’homme est une plante qui porte des pensées, comme un rosier porte des épines et un pommier des pommes » et quand certaines sont blettes, elles tombent d’elles-mêmes et s’évanouissent dans la terre en pourrissant lentement. Il décida alors de laisser le temps faire son œuvre en s’aidant d’un gri-gri personnel : la vision rassurante de sa grand- mère paternelle arborant fièrement sur sa poitrine une broche figurant un ange, un ange sans g qui chiper sans p des carottes sans a, se plaisait –elle à répéter à qui voulait l’entendre . Les pièces du puzzle se mirent en place, tel un meuble préfabriqué, prédigéré, pré formaté et pré noticé de la fameuse marque Le Hic est Là !  «  Une place pour les rêves, mais les rêves à leur place».

La réalité n’allait pas tarder à le rattraper, le happant dans sa spirale ténébreuse après l’avoir attiré, encensé à l’aide du parfum vicié de tubéreuses. Souffle de linceul. Chronique d’une mort annoncée. Sa meilleure amie tomba malade. Le diagnostique fut sans appel : le Sida. Aids pour les anglo saxons. Terme qui résonna comme une mauvaise plaisanterie ou à défaut témoigna d’une terrible ironie linguistique quand on sait qu’elle se  retrouva au contraire sans soutien. « L’homme est malheureux parce qu’il ne sait pas qu’il est heureux ». Elle fut recueillie par un pasteur, homme de grande foi : «  la foi soulève des montagnes, oui : des montagnes d’absurdités ». Et ils furent les 2 seules personnes qui l’accompagnèrent vers « ce pays inconnu dont nul voyageur ne revient ». Cela le fit mûrir plus sûrement que le nombre d’années qui venaient de s’écouler : tic tac, tic tac, tic tac. « L’expérience instruit plus que le conseil ».

Perte de l’innocence, fin d’un âge d’or où tous les possibles semblaient permis. « Un beau soir, l’avenir s’appelle le passé. C’est alors qu’on se tourne et qu’on voit sa jeunesse ». La maturité l’avait saisi en plein vol, foudroyant toute tentative de nier l’évidence. « La meilleure preuve de la misère de  l’existence est celle qu’on tire de la contemplation de sa magnificence ». Pour se rétablir, il choisit de ne faire qu’un avec la nature qui l’entourait, de retourner à l’essence de son être et de s’enfouir au plus profond de lui – même à la recherche de tout indice, si indicible soit-il, de communion avec la mère-Nature, de retrouver son animalité intrinsèque. Moule vierge engrossé en son sein par un essaim d’idées toutes plus hurluberlues les unes que les autres qu’il lui fallait évacuer ou remiser à leur juste place pour trouver la note ultime répondant à l’oreille absolue de l’Univers. « Ce n’est pas l’esprit qui est dans le corps, c’est l’esprit qui contient le corps et l’enveloppe tout entier ».

Dans un second temps, il décida de diriger sa curiosité vers le monde : «  le meilleur moyen pour apprendre à se connaître c’est de chercher à comprendre autrui ». Il reprit des études, se remit à s’amuser, à jouer, à rire, à jongler, à partager. « Ne peut rien pour le bonheur d’autrui celui qui ne sait être heureux lui-même ». Et l’amour frappa à sa porte sous l’apparence d’un amant magnifique : Raphaël. Comme « le seul moyen de se débarrasser d’une tentation, c’est d’y céder » : cet éphèbe, qui, par une étrangeté du destin se jouait de tout et de tous, lui devint  essentiel. « Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point ».  Depuis, la joie, les coups de folie ont envahi sa vie. « On ne saurait être sage quand on aime, ni aimer quand on est sage ».Mais pas de zig zag, tout dans la continuelle découverte de l’altérité si différente et pourtant si semblable. Identité double d’un véritable amour. Union de deux coeurs en un unique symbiote. L’amour nous fait franchir des montagnes et accomplir des prouesses. Pourquoi pas des merveilles de tolérance ? Seul comptait le fait qu’ils soient heureux, en parfait accord avec eux-même.

Ceci est un exemple d’expérience non pas exemplaire mais un excellent expédient aux exécrables exaspérations de l’existence qui rend ex æquo l’exactitude de son examen avec l’excitation qu’a pu exercer sur le lecteur cette exquise exposition d’exploits non expurgés de toute extrapolation..

 

Texte de Gaëla

 

Quand elle décida d'écrire, par un coup de dé, le roman décisif de sa vie, se dessina d'abord un diptyque dithyrambique, puis eut lieu le déclic, clic-clic.

"La folie de mai 68, finie. Billevesées et coquecigrues. Fichue la vie communautaire, les immenses tablées, les copains de mon père jouant aux néo- souvent bi- , des fieffés cocos accrocs à la coc'. Exit épouses, encloquées bague au doigt, exit les chiards. Paname en version technicolor quoi, et puis un ramdam d'enfer". Elle ruminait cette période de sa vie, et regrettait la vie solidaire, les intellectuels pique-assiettes, comme plus tard les réfugiés chiliens fuyant la dictature de Pinochet. Elle crachait alors sur les vendanges chez la grand-mère pleine aux as, les anniversaires ou les fêtes religieuses, les tantes, les oncles, l'idéal de la famille unie, une icône fracassée contre le mur de son réduit. Elle tapait alors rageusement sur sa machine à écrire, comme sa grand-mère sa machine singer. Et pourtant, elle se devait d'écrire : "enfance heureuse". "Née à Nice, ni frère ni soeur", pas d'embrouilles.  Studieuse aussi, dans une école primaire catholique, une pré-adolescence normale, s'était acoquinée avec des gars lors de ses premières boums, avait chocotté pas mal au premier baiser. Et, pendant les longs après-midi d'hiver, allongée voluptueusement dans son lit-bateau en acajou, à lire les "lettres de mon Moulin" - à rebours car le connaissant par coeur - ou à chercher, dès le mois de juillet et le début des grandes vacances, dans les foires et brocantes, de nouveaux petits santons pour décorer la crêche familiale, ou l'algèbre ruminé sur un tableau noir type chevalet, et le bâton de son dabe qu'il tenait comme un sabre, avec quoi il la cinglait quand elle répondait à côté, à la moindre incartade de son cerveau. Après, c'était la répétition du spectacle de danse et de musique pour la kermesse de l'école, et les longues mélopées qui finissaient par s'étrangler au fond de sa gorge. Tout cela jusqu'à ce que son père contracte une grave maladie du foie, et qu'il enquiquine son monde avec son hypersensibilité au froid et son intolérance à l'albumine. "Une sacrée entourloupe, un mic-mac terrible", à y repenser maintenant.

Son éducation très stricte ne l'avait pas prédestinée à jouer les globe-trotters, mais plutôt les bons samaritains, les bonnes soeurs, ou les jeunes filles modèles. Alors qu'elle s'approvisionnait clandestinement en disques de Téléphone ou de Lavilliers, on l'obligeait à réviser ses gammes et à jouer, qui du Mozart, gare saint-lazare, dans le brouillard, un zef glacial, tous ces bâtards, et leur prie-dieu, concert de charité, qui du Bach, prononcez "barrh", c'était du brachial, tous les branquignols, et quand elle pensait, soulevant son buste, comme ils s'en branlaient, regardaient la pépée, ou bien du Beethoven, tous ces petits lopes, suspendus baveux, aux notes interlopes. Evidemment, elle avait fini par les prendre en grippe, par ne plus même tolérer la sonorité de leur nom. Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse - eut-on pressenti à son encontre.

A peine remise des émotions de 68 : la débandade - mais elle avait quand même morflé quand elle avait décidé de prendre sa carte à la ligue communiste révolutionnaire. Elle était tombée sur une maniaco-dépressive, on aurait pu dire fêlée, déjantée, en constant délire, se croyant saine, persuadée d'avoir été mise sur écoute par la police secrète de Moscou, en plus d'avaler une tonne de neuroleptiques pour lui remettre les idées en place. L'autre, après un séjour de trois semaines en hôpital psychiatrique, elle avait décidé d'aller se reposer dans un club med, en Afrique du Nord. Là, elle s'était enfuie dans le désert, complétement décarpillée, ébouriffée, et puis, ring-rang, encamisolée et enfermée, en attendant son extradition.

Après cette aventure, elle décida de changer de vie, et de devenir journaliste, ou plutôt grand reporter - et c'est là que les ennuis commencèrent vraiment. Ce n'était plus de la guimauve, de la barbe à papa. Mais la mélasse, dans laquelle on se prélasse. D'abord, elle s'était débarrassée de ses chats, et s'était embarquée dans le premier paquebot en direction de Madagascar, un peu comme dans "le Tour du monde en 80 jours", à la suite d'un pari fou. Hioké! Kioké! rkiolé

                                                                                              Koklikokette!

                                                                                              Haîhaîîarar

                                                                                              Gui! Tahitiha tapapaoula!

                                                                                              Tapapaoula! tahitipé!

 

En traversant Zanzibar à pied au cours d'une folle et torride équipée, elle s'était immunisée contre moustiques, puces et autres insectes nocturnes capables de libérer des poils urticants en se collant à la voûte plantaire. Son corps n'était déjà plus qu'un terrain d'expériences chimiques qu'elle s'efforçait de rationaliser pour les progrès et bienfaits de la science. Après, la forêt amazonienne, c'était du pain béni, ou du petit lait. Plus rien ne lui faisait peur. Elle se sentit pousser des ailes, quand elle fut invitée à partager le quotidien d'une tribu sur le fleuve. Là, elle apprit à construire des lits dans la forêt, à chercher de l'or avec des orpailleurs entêtés et mafieux, tous des gueules d'empeigne - elle se jouant de leur crédulité pour les besoins de son reportage, eux démunis face à la présence d'une femme dans un endroit si insolite et si hostile. Elle s'accommoda des iguanes, apprit à reconnaître les mygales et les serpents venimeux, à tisser les feuilles de palmier et à chasser, sut éviter taons et papillonite quand elle séjournait au carbet et trouver le sommeil dans un hamac. La vision de l'eau sombre et boueuse qui charriait tout le limon de l'Amérique ne la dégoûtait plus. La tourbe était devenue son élément.

Au terme de son reportage, elle fila dans l'Océan Indien où, par une nuit orageuse et prise au dépourvu, elle dut accoucher une femme visiblement clandestine car étreinte par la peur, au milieu des fleurs de lotus et des joncs. Deux petits yeux noirs, dans le petit jour... ouin, ouin. Après, elle se joua des sons et du vertige de la Bolivie, des nuées du Brésil, surfa sur la vague islamiste à Singapour, se badigeonna le corps du fameux baume du tigre Java, se perdit dans la sauvage Bali, fut frappée par la courtoisie sournoise du Japon, et migra en Australie pour un dernier reportage. Là, après ses premiers succès théâtraux, elle rencontra l'Amour - avec un grand A - avant un premier bébé. Et ce fut la mer, la montagne, la nage, le ski, le retour au bercail. "A moi, Paris! Ecrire, peindre, bouger, jouer, aimer". Elle cligna son oeil fatigué au-dessus de son clavier noirci, et se dit qu'en fait, c'était bien un dyptique, qu'elle avait écrit. Clic, clic.

 

Texte de Renaud

 

 « Le dur Dieu du désert donne La direction quand tout se détraque et se dissout, quand ton dedans se disloque ; oui : le dieu du désert t'aide à déboulonner tes démons autodestructeurs qui te dévorent pour te diriger vers ta destinée. » Elle avait écrit cette phrase à un atelier d'écriture auquel elle participait. La première phrase devait être un tautogramme. Elle le fut, non sans mal. Ah cet animateur ahurissant qui aimait administrer dans son atelier analogies, anacrouses, anadiploses, anaphores, aphorismes et anachronismes : qu'il était donc âpre d'appliquer ses admonestations...

 Elle participa à cet atelier au retour de son séjour de quelques mois passés à Los Angeles. Sa directrice de thèse, la diva des sciences, brillante, généreuse, ardente, audacieuse mais fragile et dépressive partit soudainement dans le désert de Mohave, en pleine crise de nerfs, criant haut et fort son désir de trouver la voie puis ne donna plus de nouvelles. Ses proches, habitués à ses sautes d'humeur, ne la firent rechercher qu'au bout de trois jours. Les rangers la retrouvèrent dans une profonde cuvette en position de lotus, non loin de Barstow, le regard halluciné, amaigrie, muette, protégée heureusement du soleil par une arbre de Josué de 10 mètres de haut. Cette scientifique de renom, plus rationnelle tu meurs, clama, peu après, avoir trouvé sa destinée et devint une adoratrice de Josué... La vie ne court pas toujours sur un seul bord.

Quand tu nais rond, tu ne meurs pas pointu. Et pourtant, elle passa son enfance dans la forêt et tomba amoureuse, à la première occasion venue, des déserts, que son expérience californienne ne découragea pas, malgré la destinée improbable de sa directrice de thèse. Elle grandit solitaire entourée d'arbres, loin du tumulte ; enfant elle se réfugiait à la moindre contrariété dans sa cabane, en haut du tilleul centenaire, sans vouloir redescendre ; adolescente, quand le spleen lui tombait dessus sans crier gare, en particulier quand son père lui manquait, elle disparaissait, de plus en plus longtemps, dans la forêt et revenait apaisée ; les bruits de la forêt la sécurisaient. Le jour elle était sécurisée par le cordon sylvestre qui l'entourait, la nuit elle s'y échappait en rêvant d'espace et de liberté. Elle était seule le jour. La nuit, la sœur jumelle qu'elle s'était inventée pour tout partager l'aidait à surmonter la peur panique causée par  ses nombreux cauchemars. Parfois  elle croyait entendre les loups hurler à la mort,  -hou-hou-hou-et son cœur battait la chamade -boum-boum-boum- la terreur ne se dissipant qu'au petit jour. D'autres fois la tête du Christ ensanglantée, toujours la même, surgissait dans ses rêves, la terrorisant également. Elle ne réalisait pas que cette image cauchemardesque venait du fameux tableau « l'Apparition », dont une reproduction ornait l'entrée de la maison de sa grand-mère. Ah ! Cette grand-mère ! Quel phénomène ! Quel prodige ! Quelle  énergumène ! Paillarde et bigote, insouciante et sérieuse, gaie et triste, elle fascinait sa petite fille par son parler à proverbes qu'elle sortait du diable vauvert. Grand-mère double face.

Aux grandes causes, les grands moyens. On ne récolte que ce qu'on a semé. En avant toute. Regarde autour de toi. Prends toi en main. Sors de ta forêt. Vis. La mère de sa meilleure amie, professeur d'espagnol, la houspillait et la tançait ; elle lui fit partager sa vision où chacun devait se prendre en main pour construire ensemble un monde meilleur, libre ou libertaire ou libertin ou libertaraire ou ..., elle ne savait pas trop quel mot utiliser pour qualifier ce monde fabuleux qui s'offrait à elle ; un australien passa dans les parages, s'y arrêta quelque temps et devint son premier véritable ami ; quand il retourna dans son pays, elle le suivit puis partit, seule, sur les routes ; les ombres des arbres dansant sur le grès rougi d'Avers Rock  remplacèrent les arbres de son enfance ; ce désert d'Australie fut le premier d'une longue série de découvertes coups de foudre.

Le goût de l'action la dévora soudainement. Rencontres. Amitiés. Études. Départs. Retours Victoires. Défaites. Elle devint super active et sa grand-mère lui dit alors : « tu ne peux pas courir et te gratter les pieds en même temps. Prends ton temps. Calme toi». Elle n'écouta pas. Elle fêta ses 18 ans au Niger. Elle revint. Elle repartit. Elle était par monts et par déserts. Autant de pays, autant de guises. Le besoin de grand espace, de liberté, d'air, qui l'étouffait la nuit il n'y a pas si longtemps, l'habitait maintenant également la journée. Elle s'offrit de multiples aventures. Puis elle tomba amoureuse, enfin.

Mystère de la nature humaine ! Elle changea de mode de vie avec une facilité déconcertante et se plongea dans la vie de famille avec autant d'enthousiasme qu'elle s'était jetée sur la route des déserts. Les maternités et les naissances se succédèrent. Elle veilla aux enfants dans leurs sommeils. Elle dormait parfois dans leurs chambres. Les petits boulots l’amenèrent à un poste d’enseignante. Elle partit pour l’Afrique, mais cette fois en famille et pour y vivre quelque temps. Sa sensibilité libertaire qui lui était si chère se heurtait à la dure réalité. Les années passèrent sans qu'elle s'en aperçoive. La famille s’agrandit. Le couple battit de l’aile. La famille se recomposa. Puis, un jour, elle eu peur du chaos, du chaos intérieur. Quand la maison se vidait de ses cinq adolescents, elle avait une envie irrésistible de monter en haut d’un arbre et d’y rester. Elle se surprenait à marmonner une parole que sa grand-mère double murmurait dans ses moments de désespoir : « si j'avais les yeux du bon dieu, je me les crèverai».

Puis elle se rappela de sa directrice de thèse qui avait trouvé sa destinée dans le désert de Mohave. Qu’était-elle devenue ? Elle ne chercha pas à le savoir, mais préféra se l’imaginer. Elle se mit à écrire, se mit à lire …et tout, étrangement, devint plus simple.

 

Texte d'Olga
 
Soldat de vie, solitaire sous soleil de la solitude. Elle songe son son de vie. Son sang sensible, sous la peau sombre. Solitude. Somnole. Sommeil sourd. Sans boussole. Sous sol. Sans sens. Son sol fertile. Tournesol tourne. S’ouvre. Soleil. Sommeil s’envole.
Saut de souci. Vie sous la main. Source de souffrance. Son sourd. Vie.
 
Plouf, plop, plup, plum…
Une lettre est tombée et puis une autre. Ceci est devenu un mot et ensuite un autre.
iiiiiiiiiiiiiiiiiii… La porte grinçait et elle s’est ouverte.
Ou-ou-ou-ou-ou… Une phrase s’est invitée de rentrer et puis une autre. Elles se rangeaient une après l’autre en couvrant des pages. Sur sa vie, à elle.
A-a-a-a-a-a… Surprenante. Longue et courte. Dance et vide. Sombre et lumineuse. Matte et brillante. A qui de juger ? A elle ? A nous ?
Une vie comme une autre. Elle tremblait toujours devant l’idée d’avoir une vie médiocre. En se levant le matin, elle avait envie de rendre chaque journée encore plus belle. Elle cherchait l’Amour dans tout. Partout et toujours. Elle s’imaginait d’être une étoile. Une étoile qui attire, inspire et brille. En regardant dans les yeux des autres, elle voyait de la lumière. Dans les yeux posaient sur elle. En grandissant, elle avait envie d’augmenter la chaleur de cette étincelle pour en faire un feu. Une flamme chaude. Une flamme attirante. Une flamme puissante.
Cric-crac, cric-crac, cric-crac… Une fois femme, elle était flamme. Sans économiser, sans calculer, sans freiner. Jeune, elle ne savait pas que la flamme devenait cendre. Froide et grise. Inintéressante sans importance ni sens. Elle ne supportait pas la cendre. Epuisée, toujours envie de brillait. En vrac. Un jour.
Toc-toc, touc-touc… Soundouc. Une vérité fut évidente. Une sagesse est rentrée dans sa porte. La porte à elle. Et c’est à quarante ans qu’elle a accepté la cendre, pour mieux renaitre en feu. Sa vie est devenue douce et tendre. Accompagnée de cendre. Le feu peut créer des incendies. La cendre rend la terre fertile. Amour est né à cet instant.
Elle se posait toujours la question sur le sens de sa vie. Cela en douceur. Pour prendre le virage, pour avancer. Sa vie est devenue rivière. Elle coule. Elle tombe comme une cascade. Elle stagne comme un lac. Elle se remplit comme une mer (mère). Elle s’ouvre comme une écluse. Elle se rebelle comme océan. Elle sèche comme une larme. Elle recommence comme une pluie.
Cap, top, plop, pluf, plum… Elle s’est entouré de toc, boum, bam, ah-ah, trap, brrrrr, bap-boudidoum. Elle adorait cette musique. Elle a pris gout. Elle en demandait même. Elle chantait tra, plu, glu, mou, cou… L’âge s’approchait. Le temps coulait si vite. Elle commençait à être parasitée par les pensées de la mort. La joie, le bonheur… Est-ce que c’est l’heure ? La mort est reculée devant son envie de vivre. Elles allaient se croiser un jour, mais plutard. Elle a décidé. Elle dansait avec le vent, les arbres, les branches, les feuilles.
Cinquante ans. Elle a vécu trop vite. Elle a eu la peur trop tôt. La vie était là, disponible pour elle. Elle s’approchait un peu plus des gens. Elle recommençait. Une étape, sa vie.
Tam, ta-ta-ta, tram, pam, poum… Un jour elle a senti d’être que à la moitie de sa vie, de son chemin. Cendre, feu, l’eau, vent, terre… Elle était tout. Elle est rentrée dans l’âge de la « sagesse ». Quelle délicatesse. Elle regardait son visage de temps en temps avec nostalgie. Jeunesse. Elle avait conscience de sa beauté. De la vie, du vécu et du cœur. Son cœur s’ouvrait jour après jour. Il laissait rentrer le merveilleux.
Elle s’est ouverte comme une fleur, pour accueillir la vie. Elle sentait une envie de retrouver l’innocence de son enfance. L’insouciance, légère et eternel.   
M-m-m-m-m, c’est bon. Chaque jour une nouvelle fleur. Rose, marguerite, lilas, tulipe, orchidée… Quelle beauté ! Couleur, vie. Et oui, cette odeur sucrée et tendre. Elle enivre, donnant envie de vivre !
Clop, clip, clap… La pluie tombe. Elle arrose. Les fleurs. Son cœur. Elle pleure. Cela rend son cœur doux et souple. Ouvert.
Elle avait élevé cinq enfants. Elle en était si fière. Elle les contemplait. Leur beauté, intelligence et douceur.
Elle comptait trois hommes dans sa vie. Elle avait croisé d’autres, surement jolis, mais de passage. Elle n’était pas sage ?! Pourquoi ? Curiosité, expérience, chance, amusement…
« C’est ma vie ! Je fais ce que je veux ! » - était son habitude de dire. Elle cherchait juste de l’Amour. Une qualité particulière. Elle aimait tant la douceur et la tendresse. C’était la seule vraie délicatesse, richesse et …
Lorsqu’elle le vivait, elle se sentait comblait. Vivante, joueuse.
Plop, plop, plop… Une pluie d’Amour. Elle venait d’une famille aisée. Elle n’a jamais manqué de rien. Elle s’est sentie toujours gâtée par ses parents. Elle était entourée et aimée. Elle avait voyageait avec ses parent autour du monde en s’ouvrant aux cultures différentes.
Elle était la fille unique. Elle avait un beau visage. Les jeux clairs, les cheveux bouclés, qui tombaient sur son visage, mettant en valeur sa peau blanche. Elle avait un regard doux et innocent. De taille moyenne, elle avait une belle silhouette…
Crac, cric et c’était fini, sans fin, ni de la logique. Une vie…    

 

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Published by atelier d'écriture Labège - dans Productions 2010
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